Lundi 26 mars 2007 1 26 /03 /Mars /2007 08:18

François Bayrou était l’invité du Forum de Radio J. De retour de l’Île de la réunion et de Mayotte, il a évoqué l’Europe, les différentes polémiques nées ces derniers jours. Ses relations difficiles avec le ministre de l’Intérieur. Les sondages. Ses propositions d’entente nationale sur les grands sujets de société que sont l’éducation, l’emploi, la recherche. La situation internationale avec le Darfour et le conflit israélo-palestinien. Une heure d’émission avec Frédéric Haziza de Radio J et Eric Mandonnet de l’Express, pour réentendre une voix forte, celle d’un Européen convaincu, François Bayrou.

 

François Bayrou a critiqué implicitement la déclaration de Berlin adoptée par les 27 pays de l'Union européenne, en soulignant que les déclarations unanimes, ce sont des déclarations pour ne rien dire. Il n’a pas de doute que, au fond, c'est ce plus petit commun dénominateur devant lequel nous sommes. Pour lui, l'Europe sera relancée quand les Français seront réconciliés avec l'Europe. Il a fait valoir que de l'élection présidentielle qui vient va  dépendre une très grande partie, non pas seulement du destin de la France, mais aussi du destin de l'Europe. Interrogé sur la date d'organisation d'un référendum sur l'Europe s'il était élu président, François  Bayrou a répondu que cela se fera lorsque l’on aura un texte crédible, et à ses yeux un texte crédible est un texte simple, court, compréhensible par tout le monde et qui traite de la seule question qui compte: comment élabore-t-on une décision et quelle est la place des citoyens dans l'information et la décision que l'Europe prendra.

François Bayrou voit dans la surenchère nationale non pas un problème. Après tout, le drapeau et la Marseillaise ne sont pas choquants en soi. Mais bien plutôt une manière de masquer l’absence de réponse des candidats de l’UMP et du PS aux questions que se posent les Français. Que disent-ils sur le chômage, l’exclusion, l’environnement, le développement durable, l’éducation ? François Bayrou s’essaye de répondre à ces problèmes de vie courante, de vie de tous les jours. Il s’étonne par ailleurs, connaissant un peu l’Histoire du parti socialiste, que sa candidate entraîne son mouvement sur ce terrain. Quant à Nicolas Sarkozy, François Bayrou estime qu’il franchit parfois quelques frontières.

Notamment dans l’épisode de l’école de la rue Rampal. Il pense que cette manière de traiter une dame, responsable d’élèves, directrice d’une école, n’est pas bonne. On manque d’humanité dans ce dossier. Cette réaction épidermique de cette directrice d’école maternelle était après tout normale devant l’émotion qu’a pu susciter l’arrestation musclée de ce monsieur chinois sans papiers. Mais François Bayrou admet ne pas connaître les tenants et aboutissants de ce nouvel avatar de la politique sécuritaire de Nicolas Sarkozy. Il trouve quand même heureux que des enseignants réagissent devant ces genre d’agissements. Avoir mis en garde à vue cette femme ne ressemble pas à la France qu’il connaît et qu’il souhaite dans l’avenir.

Il observe que Nicolas Sarkozy favorise l’émergence anormalement élevée de problèmes de cet ordre. Et n’y voit rien de bon. La France n’a pas seulement une identité, c’est aussi une communauté de valeurs que François Bayrou veut promouvoir. Le ministre de l’Intérieur, de toute évidence, drague l’électorat nombreux du Front national. Aucun président de la République française, depuis cinquante ans que la Vème République existe, ne s’est ainsi laisser aller de la sorte. La France doit évidemment être gouvernée avec bien plus de mesure que cela. C’est dans l’intérêt du pays. A la France d’aujourd’hui, refermée sur elle-même, il lui faut de la compréhension, un peu de fermeté et ne surtout pas rejeter.

François Bayrou n’est pas favorable à une régularisation de masse. On risquerait un appel d’air trop important si l’on procédait d’une autre manière. Il essaiera de régler chaque cas en fonction de l’histoire de chacune des familles. Il sait que des dizaines de milliers de personnes vivent dans des conditions dramatiques. Et qu’il faut remédier le plus humainement possible à ces situations de détresse. Le travail au noir est en pleine expansion en France. Le candidat à l’élection présidentielle demande qui s’occupe donc du travail au noir. Qui pose la question ? Qui lutte contre ce fléau qui plonge des individus dans une spirale de clandestinité dont il convient de les sortir.

Mercredi soir, François Bayrou estime n’avoir que répondu à Nicolas Sarkozy qui raillait un conducteur de tracteur pour mener la cinquième puissance mondiale. Il y a vu du mépris et a donc voulu remettre les choses en place. Effectivement, il revendique la fréquentation des gens de peu, les gens qui travaillent plutôt que ceux qui sont affiliés aux grands groupes qui composent l’indice boursier du Cac 40. François Bayrou et Nicolas Sarkozy n’ont pas la même vision de la France, le premier se situant plutôt du côté des personnes de labeur, le dernier à l’abri de puissances d’argent et de médias.

A propos des sondages qui stagneraient, François Bayrou demande pour quelles raisons on ne se pose pas la question de savoir pourquoi le président de l’UMP baisse. En vérité, se dit-il, les trois principaux candidats se situent entre 22 et 26 % des voix. Il y alors deux choix possibles : soit l’on continue dans la même logique que dans les 25 dernières années, soit l’on s’engage dans la voie du changement, du dépassement des clivages partisans et l’on déclare la mobilisation générale pour relever le pays de la crise qu’il traverse. François Bayrou voit dans le simple fait de prendre part pleinement à cette course en tutoyant ses deux adversaires principaux, Jean-Marie le Pen étant classé quatrième, plus bas dans les sondages bien qu’il s’en méfie et prévoit des surprises, un message très fort. Cela signifie que tout est possible, même une autre approche de la politique.

Cette approche, il aura quatre semaines pour la présenter plus profondément aux Français. Il l’a déjà en partie fait en publiant Projet d’Espoir aux éditions Plon, un livre en tête de tous les palmarès de vente. L’intégralité détaillée de son programme sera prochainement mise en ligne sur son site internet Bayrou.fr et édité à dix millions d’exemplaires. Pour donner à chacun une idée de la cohérence de ses propositions pour le pays. Un programme qui ne coûte effectivement pas, puisque les dépenses sont entièrement financées. Il se refuse aux promesses inconsidérées qui mènent aux plus grandes frustrations.

Il souhaite concentrer quelques promesses sur des mesures concrètes, réalisables sans tarder. Les deux emplois francs de charge sociale, excepté dix pour cent pour le financement des retraites. Et ce pour toutes les entreprises. Il veut augmenter le minimum vieillesse qui est aujourd’hui à 640 euros, une honte, pour François Bayrou. En cinq ans, il atteindra 90 % du SMIC. En ce qui concerne l’éducation, elle sera assurée des moyens dont elle a besoin pour assumer sa mission. Elle devra rendre des compte par un contrat d’objectif, notamment celui de faire entrer en sixième les élèves sachant lire, écrire et compter. Des comptes, justement, il en est question aussi. Il veut réduire le train de l’Etat. Fusionner les départements et la régions pour faire des économies d’échelle. Savoir bien gérer un pays, c’est rendre de la justice sociale. Savoir bien gérer un pays, c’est lui rendre de l’humanité.

A propos du groupe anonyme de haut responsables de gouvernements socialistes qui se sont rassemblés dans le groupe des Gracques, François Bayrou les connaît. La question est aujourd’hui de savoir si l’on continue dans le même système du camp contre camp ou si l’on sait, tels les Gracques, faire un pas vers l’autre. Le député des Pyrénées Atlantiques estime qu’il n’y a pas de sujets qui ne trouve sa réponse au-dessus des partis. Il faut une majorité nouvelle à la France, composée de personnes du centre, de la droite républicaine et de la gauche sociale-démocrate. C’est la réunion de tous qui fera la force de la France.

Il est certain que la majorité nouvelle l’emportera aux élections législatives. Une coalition, après tout, pourquoi pas, c’est finalement l’esprit de la Vème République. Mais il convient auparavant d’instaurer plus de démocratie. De parler et d’agir de manière différente. Fini les clans, on respecte les gens pour ce qu’ils sont et non pour l’étiquette qu’ils portent. Ainsi, il sera impossible que l’immobilisme s’installe en France. C’est une manière nouvelle de gouverner la France, avec des gens ouverts au pouvoir, qui puissent apporter les solutions qu’il convient.

François Bayrou admet que le débat actuel sur l’identité, qu’Eric Mandonnet remet sur la table, empêche de faire campagne, comme il le disait au début de l’émission. Quid de l’éducation, il propose l’entrée en sixième conditionnée à la lecture et l’écriture. Quid de l’emploi : il propose les deux emplois francs. Il juge nauséabond l’excitation des réflexes identitaires, ainsi qu’il l’avait proclamé lors de sa visite sur l’Île de la Réunion.

Sur le plan de la politique étrangère, si tant est qu’on en soit là avec la nomination de Laurent Dominati comme ambassadeur de la France au Honduras, François Bayrou fustige cette manière systématique de caser, recaser, rerecaser les caciques du régime. C’est contraire à ce qu’il souhaite pour la démocratie française qu’on pervertit avec ce genre de méthodes. L’esprit public est dévoyé. On promeut des gens de peu de caractère mais au protecteur puissant. L’Etat impartial que François Bayrou appelle de ses vœux demande des gens de caractère, des gens debout et du courage. Comme il en faudra face à l’Iran pour lutter contre la prolifération de l’arme atomique. Il faut dire non. Tout en laissant une porte entrouverte à la diplomatie. C’est un problème qui se pose à la planète entière. Il exige de l’abnégation et de l’indépendance…

Au Darfour, le génocide continue. Des milliers de personnes meurent. Il pense être l’un des seuls élus français à y avoir été en tant que témoin direct. C’est la misère à l’état pur. On vit avec trois bâtons de bois qui portent une bâche de plastique, sur du sable. L’objet de cette lutte étant simplement la terre. Et le pétrole. Intervient alors la Chine qui veut opposer son droit de véto à toute décision de l’ONU contre Khartoum. Ce qui est parfaitement inacceptable. C’est là que l’Europe doit trouver sa pleine mesure de force politique. Elle doit s’exprimer d’une seule voix, forte et assurée, pour dire non à la Chine et éventuellement prendre des sanctions comme un boycott des Jeux olympiques de Beijing l’année prochaine. Quant à l’interminable conflit israélo-palestinien, François Bayrou réaffirme le doit inaliénable d’Israël à la sécurité. Si l’on allait contre ce principe, on battrait en brèche les tout ce pour quoi on s’est battu durant la deuxième moitié du XXème siècle. Mais ce conflit n’est qu’un maillon d’une chaîne de volcans en éruption partout dans cette partie du monde. Les tensions internes à l’islam entre Sunnites et Chiites par exemple. Quand les Américains ont décider d’ouvrir la boîte de Pandore en Irak, ils ne réalisaient pas qu’elle serait si difficile à refermer.

En conclusion, François Bayrou réaffirme que la France doit rester une voix indépendante, libre et européenne. On doit instaurer un ordre multipolaire à égalité de droits et de devoirs pour chacun des pôles. Comme François Mitterrand, François Bayrou entend rendre à l’Europe sa voix avec la France comme avant-poste !

 

Radio J
Par Soriya-Dévi - Publié dans : Campagne mars 2007
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Lundi 26 mars 2007 1 26 /03 /Mars /2007 08:16

Jean-Jacques Jegou, sénateur-maire du plessis-Trévise, était l’invité du journal d’I-Télévision. Plusieurs questions d’actualité en ce jour anniversaire du traité de Rome dont nous fêtons le Cinquantenaire. Quelle Europe pour demain avec François Bayrou. La position du candidat à l’élection présidentielle sur le Soudan et le drame de la région du Darfour. Le nationalisme qui revient en force dans cette campagne. Et une éventuelle alliance entre le parti socialiste et François Bayrou. Interview sans concession.

 

Jean-Jacques Jegou constate d’entrée que l’Europe est en panne après le non au référendum du 29 mai 2005. Un non qui fut un réel coup d’arrêt de la construction européenne, qu’il déplore. Il explique que François Bayrou propose un nouveau texte beaucoup plus simple, plus lisible. Il le soumettra à nouveau devant les Français. Car François Bayrou souhaite associer l’ensemble des citoyens, ceux du non comme ceux du oui, au redémarrage de l’aventure européenne. Les Français, analyse, le sénateur, ne voient dans l’Europe qu’on leur impose qu’une juxtaposition de contraintes, et jamais les avantages qu’ils peuvent en retirer.

L’Europe selon François Bayrou doit devenir une réelle force politique, plus proche du citoyen, plus démocratique. Tout ce qui ne fonctionne pas en France est aussitôt jeté à la face de Bruxelles. On doit retourner cette situation, préserver les services publics comme La Poste. La directive Bolkenstein a dérouté les Français. Qui avaient peut-être raison, et on ne les a pas assez entendus sur ces points précis. Il s’agit donc de les associer bien plus étroitement à l’élaboration d’une nouvelle mouture du Traité constitutionnel européen.

A propos de la situation dramatique qui prévaut au Soudan et dans la région du Darfour, François Bayrou avait stigmatisé la position de la Chine qui soutient sans réserve le régime de Khartoum. Et menacé la Chine d’un boycott de ses Jeux olympiques en 2008. Jean-Jacques Jégou considère que cette déclaration était utile, offensive et importante. Les massacres qui ont lieu dans cette région presque sous nos yeux par l’entremise des caméras doivent cesser. D’où la nécessité d’une Europe forte, d’une Europe politique qui puisse peser de tout son poids face au géant chinois. Qui aurait peut-être moins de latitude si l’on parlait d’une seule et même voix au lieu d’entendre cette cacophonie entre les diverses chancelleries européennes.

Le sénateur-maire du Plessis-Trévise n’est pas choqué qu’on chante la Marseillaise dans les réunions publiques de François Bayrou. Après tout, cette élection concerne le pays, la France. Cependant qu’il considère ce patriotisme nouveau de Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal un peu suspects. L’identité nationale n’est pas un mal en soi, mais ne doit pas être instrumentalisée de la sorte, par aucun des candidats, surtout ceux qui se réclament de la République, comme c’est le cas de François Bayrou.

Il ne se sent pas responsable des déclarations de certains socialistes qui souhaitent pour l’instant rester anonymes. Une alliance entre le parti socialiste et François Bayrou n’est pas à l’ordre du jour, car François Bayrou atteindra le deuxième tour, selon jean-jacques Jegou. L’initiative des gracques, comme celle du groupe Spartacus, reste donc de leur seule responsabilité. Même s’il lui est plaisant de découvrir jour après jour plus de citoyens français rejoindre l’initiative de François Bayrou de rassembler les énergies. Il se dit convaincu qu’une forte majorité se fera sur le nom de François Bayrou, lors de l’élection présidentielle et lors des élections législatives qui suivront immédiatement. Jean-Jacques Jegou observe en forme de conclusion que trente à quarante pour cent du parti socialiste est aujourd’hui social-démocrate. Son drame, c’est de ne pas avoir réussi sa mue idéologique. Mais la recomposition qui s’annonce est assurément à l’avantage de François Bayrou. Qui voit venir aussi des responsables de l’UMP, sensibles au projet d’espoir proposés aux Français.

 

I-Télévision
Par Soriya-Dévi - Publié dans : Campagne mars 2007
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Lundi 26 mars 2007 1 26 /03 /Mars /2007 08:15

Jean-Marie Cavada était l’invité de Laurence Ferrari lors du célèbre Journal inattendu sur RTL. On y a évoqué son enfance, sa vie. Ses engagements pour l’Europe. La Chute du mur de Berlin et la réunification de l’Allemagne comme symbole de ce que la France pourrait connaître avec l’élection de François Bayrou. Le parcours étonnant d’un jeune apprenti pâtissier. Des questions plus politiques aussi, en restant toujours dans le registre d’une grande honnêteté. Et de l'émotion.

 

Le journaliste chargé de tracer un bref portrait de Jean-Marie Cavada est lui-même ému. Il a devant lui l’un des maîtres du journalisme actuel. Il évoque l’arrivée difficile chez des parents d’adoption. Une relation qui mettra du temps à se nouer avec son nouveau père. Un jour, celui-ci lui offre une petite charrette en bois. Elle restera un symbole. Jean-Marie Cavada obtient son premier diplôme, le plus important à ses yeux, sur une liste qu’il ne définit pas, par pudeur. De ce CAP de tailleur de bois, il gardera le goût des gens simples. Un attachement profond à l’homme qui ne se pare de rien pour vivre.

Jean-Marie Cavada, aujourd’hui député européen, président de la plus prestigieuse commission du Parlement européen, celle des libertés publiques, trace son chemin, malgré une enfance difficile. Il est fasciné par le mystère de la transmission, celui qui lui donnera l’envie d’être journaliste. Sa carrière, une apothéose permanente, commence grâce aux instituteurs qui voient en lui un être d’exception. Tellement tourné vers l’avenir qu’à l’âge de 21 ans, il recevra les papiers lui racontant son histoire, il les brûlera. Il a maintenant deux grands enfants, dont l’un est aussi journaliste.

On lui demande si François Bayrou lui prête un surnom. Il n’en a pas connaissance, à dire vrai. Peut-être « le Professeur » mais n’ose s’avancer sur ce point. Le ministère de la Culture l’intéresserait, il ne s’en cache pas. Mais le plus fondamental dans ses relations avec François Bayrou, c’est le fonds commun de valeurs qu’ils partagent. Ils n’ont certes pas le même caractère, cependant que leur complémentarité fait leur force.

Jean-Marie Cavada a toujours souhaité connaître les questions du monde, les pousser jusqu’à leur limite dans la perception qu’il pouvait en avoir. Est arrivé un jour où la frontière entre l’observation et l’action devait être abolie. C’est la raison profonde de son engagement politique. Apporter des réponses à ces questions lui convient finalement mieux. En gardant au cœur le métier de journaliste qu’il estime en quelque sorte toujours exercer. Il n’a jamais cru réellement qu’un journaliste était un homme ou une femme neutres. C’est l’honnêteté qui prime, dans la coloration de ce que l’on voit, de ce que l’on transmet ensuite. La politique, c’est la même chose, dans le registre de l’action.

Il comprend pourquoi les journalistes attachés à des politiques ont été mis à l’écart. Béatrice Schoenberg, Marie Drucker, Alain Duhamel, qu’on entend finalement bien plus qu’auparavant, souligne-t-il en plaisantant. C’est le pragmatique qui parle ici : les directeurs de stations veulent garder un paravent de neutralité, à laquelle Jean-Marie Cavada répète qu’il ne croît pas. Il déplore le caractère bien trop « politiquement correct » de ce pays qu’est la France. En supposant que les journalistes mettent leur professionnalisme au-dessus de leur valeurs personnelles. C’est en leur faisant confiance sur ce point qu’on les amène bien facilement à en faire abstraction, pense-t-il. Verrait-on dans un hôpital un médecin UMP devoir laisser sa place pour soigner un malade socialiste à un médecin PS ? Il en doute… et dénonce tout de go le culte de l’unanimité qu’on devrait ranger au rebut pour celui de l’honnêteté.

A la question de savoir s’il se présentera à la Mairie de Montpellier, il explique que c’est un choix de vie. Il se pose encore des questions. Son épouse, ses deux petits-enfants dont Robin né le jour de l’assassinat d’Itzhak Rabin, le 4 décembre 1995, il n’a pas tout fait de ce qu’il avait envie avec eux. Il aimerait en profiter un peu plus. Mais il souhaite aussi contribuer au bien de la France car elle lui a tant donné. Tant qu’il veut lui rendre un part, même infime. Avec humilité, il souhaite rassembler les énergies, un peuple qui vaut mieux que ses institutions. Il se décidera après l’élection présidentielle.

La rédaction du Journal inattendu lui a demandé de choisir un évènement qui l’a marqué. C’est la Chute du Mur de Berlin. On entend donc des fonds sonores d’Allemands de l’Est et de l’ouest frapper sur le béton armé. Il raconte qu’il y était, qu’il a vu Miloslav Rostropovitch jouer. On entend Marc Leroy-Beaulieu, l’ancien correspondant de RTL dans la capitale allemande, une des plus grandes voix de la station, décédé depuis. L’émotion de Jean-Marie Cavada est palpable. Il raconte sa hantise de la guerre. Qui explique son amour tripal de l’Europe. L’Europe qui fut le continent « expérimental de l’horreur », pourtant reste notre bien commun, assure-t-il.

Après deux guerres, voire trois, en quelques mois, un miracle s’est produit. Ceux qui se haïssaient se sont mis à s’aimer. Ce pour quoi on se battait, le charbon et l’acier, est devenu ce pour quoi on construisait ensemble. « La haine du boche s’est muée en amitié profonde. » Et d’égrener des noms que peu connaissent et qui ont façonné cette Europe de la paix dans laquelle nous vivons aujourd’hui. Konrad Adenauer, Robert Schumann, Walter Allstein, Gasperi l’Italien. Quel plus beau moment que celui où les gens s’unissent ? De cet amour est née la conviction qu’il devait s’engager. Il est devenu l’un des vice-présidents du parlement européen les plus respectés.

Dans le studio, Jean-Marie Cavada a invité Guillaume Granet, âgé d’à peine dix-huit ans. Ce jeune homme est apprenti-pâtissier. Il a obtenu une deuxième place au concours du meilleurs apprenti de France. L’admiration du conseiller de François Bayrou n’est pas feinte. Il veut illustrer par la présence de ce futur grand de la pâtisserie ce qu’il aurait toujours voulu être. Jean-Marie Cavada lui souhaite bonne chance. Et rappelle que ce qui importe le plus dans la vie, c’est la motivation. L’émission devient un peu moins politique. Laurent Gerra intervient. Son imitation s’améliore, admet-il.

On en revient à la politique. Les sondages montrent que les trois principaux prétendants à l’Elysée sont dans un mouchoir de poche. François Bayrou stagne, même si celui de ce matin montre qu’il remonte un peu. Mais l’extraordinaire de l’aventure, assure Jean-Marie Cavada, c’est que François Bayrou est parti d’un socle extrêmement faible. Le phénomène de curiosité est à son apogée, il ne doute pas qu’il se mûera en vote. Il faut aujourd’hui un travail en profondeur de rénovation de notre démocratie. Réhabiliter le « Parlement-croupion. » Parce que c’est de l’avenir de nos enfants qu’il s’agit. Le pays, s’il élit François Bayrou, montrera qu’il veut retrouver la fierté de lui-même. Que le peuple approuve les réformes qu’on lui présente. A l’évidence, il lui donnera une majorité parlementaire, parce que le mouvement des plaques tectoniques que constituent les deux grands partis au seuil de cette élection si important, aura été si fort qu’il ne peut en être autrement.

Laurence Ferrari conclut l’émission en rappelant que nous vivons la journée de lutte contre le sida. Jean-Marie Cavada tient à saluer la mémoire d’amis disparus à cause de cette maladie. Notamment Pascal Duve, auteur de « Cargo Vie. » L’occasion de terminer sur le titre de son livre : «Une Marche dans le Siècle. » C’était le Journal inattendu de Jean-Marie Cavada.

 

RTL
Par Soriya-Dévi - Publié dans : Europe
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Samedi 24 mars 2007 6 24 /03 /Mars /2007 11:14

Denis Badré veut que les 27 reviennent à une Europe communautaire, une communauté de pays où chacun trouve un avantage dans l’avantage commun. Pour relancer le projet européen, Denis Badré veut conserver l’essentiel du traité constitutionnel négocié avec nos partenaires mais il souhaite que le nouveau texte soit soumis à référendum.

 

"Nous voulons retrouver le sens de l’intérêt commun" a déclaré Denis Badré. Le sénateur, rapporteur des affaires économiques et financières européennes, membre du Conseil de l’Europe, a rappelé que le traité de Rome signé il y a cinquante ans, fondait une communauté autour de la paix et de la promotion des droits de l’homme. S’il constate que le mot "communauté" est aujourd’hui "galvaudé", il considère qu’il a tout son sens à un moment où les Etats sont tentés par le repli sur soi : "Une Europe communautaire, c’est une Europe dans laquelle les peuples européens voient qu’ils ont un intérêt commun à défendre" a expliqué le sénateur. Denis Badré propose de revenir à la méthode de Robert Schuman : il disait que pour construire une paix durable, il ne fallait pas signer des traités qui exacerbent les nationalismes et l’esprit de revanche comme en 1918, mais il faut apprendre aux hommes à travailler ensemble. Il a également cité Jean Monnet qui disait que nous sommes réunis pour construire une œuvre commune et non pour négocier des avantages : autrement dit, nous devons trouver notre avantage dans l’avantage commun. Denis Badré s’est ainsi fermement opposé aux marchandages entre Etat. Or aujourd’hui, "l’Europe est en miette" : il suffit de voir les discussions sur le budget pour voir que chaque Etat membre défend sa contribution.

Denis Badré craignait qu’après le "non" français au traité constitutionnel, la France soit marginalisée. Il constate que l’Europe continue à nous attendre et qu’elle n’avancera pas sans nous et le couple franco-allemand. C’est une bonne surprise ! Il est convaincu que "l’Europe attend la France et que le monde attend l’Europe". Pour relancer le projet européen, "il faut faire adhérer le peuple français" a assuré le sénateur des Hauts-de-Seine. Il faut donc s’adresser aussi bien à ceux qui ont dit "oui" au traité qu’à ceux qui ont dit "non" : les premiers ne doivent pas être orphelins d’Europe et les seconds qui souhaitent que l’Europe s’améliorent, doivent aussi être écoutés. "Je ne veut pas que l’Europe reste en panne" a déclaré Denis Badré. Cela passe par un nouveau référendum. Denis Badré reconnaît qu’il y un risque d’un nouveau rejet mais il est convaincu que si on ne le fait pas, on prend un risque plus grave encore de voir les Français se détourner définitivement de l’Europe. Il faut, selon lui, un texte lisible : "Soumettre in extenso un texte aux Français, ce n’est pas sérieux". Mais Denis Badré ne veut pas d’un mini-traité vidé de sa substance : il faut conserver l’essentiel du texte. Il a rappelé que dix-huit pays ont ratifié le traité, la France ne pourra pas imposer aux autres Etats membres sa manière d’autant que les 25 s’étaient déjà mis d’accord et chacun avait déjà fait des concessions. La France devra donc trouver un nouveau consensus avec ses partenaires. Elle devra aussi écouter les objections faites par les tenants du "non" et notamment mettre en exergue "le projet social qui identifie l’Europe dans le monde". Mais pour lui, "il n’y a pas d’issue par le bas".

 

BFM TV
Par Soriya-Dévi - Publié dans : Europe
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Samedi 24 mars 2007 6 24 /03 /Mars /2007 11:10
François Bayrou vient de ces zones du pouvoir où le soleil n'a jamais brillé pour les pauvres. Barre ne les a pas aimés, et Giscard a toujours cru que le Smic représentait le montant minimum que les pères de famille devaient verser chaque mois au titre d'argent de poche à chacun de leurs enfants. Il a servi Balladur, qui a certes installé tout un été trois nécessiteux sur sa terrasse pour épouvanter les moineaux, mais s'est toujours refusé à en importer un dans son lit pour lui servir de bouillotte. Et Juppé donc, qui ne bambochait guère avec les SDF, et ne se mouchait pas volontiers dans les culottes des sans-papiers du beau sexe.
- Pourtant.
Les pauvres sont le sang de la Bible, et les banlieues le sang neuf qui un jour irriguera la France dont l'avenir bouillonne dans les tours. Qui ne les a pas entendus ne sera pas élu.
- Et tel Sancho Pança juché sur Rossinante.
Qu'il aura sans doute dérobée dans l'écurie de Don Quichotte, François Bayrou apparaît soudain suivi par les enfants de Bobigny, de La Courneuve, de Saint-Denis, d'Aubervilliers et de Sartrouville. Tous ces enfants de France, qui n'ont pas toujours la même couleur que lui, et qui, sans que son programme ne leur promette tout l'or ni tout le bonheur du monde.
- L'ont choisi.
Ils l'ont choisi, et on dirait qu'ils l'aiment. En tout cas, ils l'acclament. Ils hurlent son nom comme un slogan, et ils se photographient les uns les autres à côté de lui avec dans les yeux une lueur de tendresse presque incongrue, de celles qu'ils réservent d'ordinaire à un cousin admirable qui a marché sur la Lune l'an passé, ou à un de ces chanteurs de rap qui semblent avoir réussi à rendre sonores leurs frustrations, leur révolte, et ce sentiment d'être chaque jour abandonné sur le goudron d'un parking comme ces poubelles que les gardiens d'immeubles roulent à l'aube sur le trottoir et qui passent la nuit dehors quand d'aventure les éboueurs se mettent en grève. Certains essaient de garder dans la leur cette main qu'il leur tend, et qu'ils prennent pour la bouée.
- Son bras comme une corde.
Qu'on jette à un homme emporté par une déferlante loin du bateau. Et, quand ils lui rendent enfin sa main, ils jurent qu'ils ne la laveront plus d'ici le mois de mai, le temps que le miracle s'accomplisse, et qu'il puisse signer dans son bureau de la rue du Faubourg-Saint-Honoré leur officielle levée d'écrou. Comme s'il avait décidé de faire d'eux des affranchis, des gens qui vaudraient tout le monde et que vaudrait n'importe qui, et plus ces éternels suspects qui portent leur faciès comme une étoile que malgré les diplômes ils ne pourront jamais arracher tout à fait, et qui pendra toujours de leur visage comme la croûte d'une plaie.
- Propos outranciers, injurieux.
Oui, car la police n'est pas la milice et le commissariat n'est pas le Vél d'Hiv. J'ai même rencontré des policiers qui les respectaient comme le premier blanchâtre venu. Mais, vous savez, se sentir bafoué, persécuté, c'est perdre aussi la raison. Quand le plastique de votre carte d'identité devient moite en fin de journée à force d'avoir été trituré par les doigts de ceux qui vous ont contrôlé, il est difficile de garder son calme, de juguler sa haine, et ce n'est pas aux humiliés qu'il faut demander d'éprouver de l'indulgence envers une société qui leur parle d'égalité comme on raconterait un conte de Perrault à des gamins devenus trop grands pour croire aux aventures de Riquet à la houppe, et à la résurrection de la Belle au bois dormant. On demande toujours aux victimes d'avoir la mansuétude qui a manqué à ceux qui les ont offensés.
- Bonjour, monsieur Bayrou.
Un grand bureau très calme ce dimanche.
- Je suis venu pour vous annoncer que vous serez présent au deuxième tour, et que vous serez élu.
A cet instant, son portable vibre sur la table en plexiglas où il s'accoude pour mieux encaisser le choc de l'Histoire. Et il l'éteint.
- Vous serez élu pour des raisons métaphysiques.
Comme si, faute de croire en la politique, aux bienfaits de l'économie de marché, aux douceurs de la mondialisation et aux palmiers de la société des loisirs, on décidait de voter Bayrou. Pari pascalien, par crainte de l'obscurité, de l'éternel néant de l'athéisme, on s'agenouille à tout hasard, avec l'infime espoir d'être après sa mort rédimé au lieu de se résoudre à n'être plus que ce squelette que nous trimballons toute notre vie en l'enviant secrètement d'avoir le privilège de garder son intégrité quelques siècles de plus dans la caisse où nous aurons pourri. Entre l'espérance et rien, les damnés de la France ont choisi François Bayrou. Ce nouveau François, un peu Mitterrand malgré tout, puisque lui aussi venait du fin fond de la droite, dans lequel ils ont cru voir un allié, une paire d'oreilles d'autant plus attentive qu'elle était saillante, donc peut-être plus propice à l'audition des plaintes à peine murmurées, des soupirs de ceux qui errent dans les sous-sols de la croissance comme des rats dans le labyrinthe des égouts des métropoles, et même comme si elle pouvait lui servir à entendre ceux que trop d'avatars ont fini par rendre muets, aphasiques comme ces aliénés définitivement murés dans une tête trop dévastée, trop encombrée de ruines, aux issues bouchées par trop de décombres pour laisser filtrer la moindre parole.
- Ils ont dû pressentir que vous étiez croyant.
Ils ont décidé que seul celui qui avait des affinités avec l'au-delà pouvait avoir une chance de les hisser dans l'arche de l'insertion, qui brinquebale au milieu du déluge de la crise économique, des vagues du libéralisme sauvage et du chômage, cette mort sociale dont on ne ressuscite jamais intact.
- Ils voteront pour vous parce que vous ne leur promettez pas grand-chose.
Et il leur semble que les promesses sont autant de mensonges. Peut-être que seules sont désormais crédibles les promesses qui tombent des tribunes sous forme de petit bouquet, et plus celles qui s'abattent innombrables comme pluie de pétales de rose, ou arrangées en gerbes, et qui en ce moment font irrésistiblement penser à celles dont on fleurit les tombes.
- Vous sortirez de cette élection vainqueur et chargé d'âmes.
Les âmes de tous ces gens à qui rien n'a été donné, et qui vous auront donné leurs voix. Alors votre dette envers eux sera d'autant plus abyssale qu'ils n'avaient vraiment rien d'autre à vous donner. Cette dette, il est bien entendu que vous ne pourrez jamais ­ présideriez-vous trente ans le pays ­ vous en acquitter tout à fait. Ils se montreront indulgents, tant ils ont pris l'habitude des mauvais payeurs. Ils prendront acte de chacun de vos efforts, mais ils ne vous pardonneront jamais de leur avoir menti.
- La tragédie rôde.
On est violent quand on est désespéré. Les banlieues sont des taureaux qu'on a trop longtemps insultés, et les insultes ont fait suinter leur sang comme des banderilles un jour de corrida. Depuis mai 1968, la France a évité le défilé des cercueils les lendemains d'émeutes. La guerre civile est une autre affaire.
- Ecoutez leur colère.
Ou la France vous éclatera au visage comme un colis piégé.
Par Soriya-Dévi - Publié dans : François Bayrou, l'homme
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Samedi 24 mars 2007 6 24 /03 /Mars /2007 11:07

François Bayrou confie ses premières mesures s'il était élu au directeur de la rédaction de 20 Minutes, Frédéric Fillioux.

 

Si vous étiez élu le 6 mai, quelles seraient vos premières actions ?

Une fois élu, la première décision qui s'impose, c'est la constitution d'un gouvernement qui montrera qu'on peut concrètement faire travailler ensemble des gens de gauche et des gens de droite. Afin qu'enfin, la social-démocratie apparaisse en France.

Vous avez évoqué la constitution d’un gouvernement composé des meilleurs des deux camps ?

Je n'ai jamais employé ce terme. J'ai dit que le critère serait la compétence et l'expérience au lieu des dosages d'étiquettes. Il s'agit d'associer des hommes, des femmes de gauche, de droite et du centre autour du même projet. C'est un changement profond du paysage politique et de la manière de penser la responsabilité politique. Les rapports entre le gouvernement et le Parlement vont changer, il n'y aura plus de Parlement aux ordres du gouvernement.

Avez-vous identifié les cinq personnes clés de votre gouvernement ?

Je les ai en tête. Si vous saviez le nombre de messages que je reçois de gens disant : « Naturellement si tu arrives à remporter la présidentielle, j'en serais. » Seulement, ils ne peuvent se prononcer publiquement car tout est verrouillé par les appareils. Ils s'exprimeront entre les deux tours, ce sera le moment de vérité.

C’est à ce moment-là que vous allez annoncer le nom de votre Premier ministre ?

Non, il faut respecter l'élection présidentielle. On élit le président de la République, on n'élit pas le gouvernement ou des ministres. Ce que j'ai entrepris de faire, cela n'a pas été fait depuis cinquante ans. Il ne faut pas seulement changer le locataire de l'Elysée, il faut changer le logiciel, c'est long. Je ne minimise en rien la difficulté.D'une certaine manière, les Français ont changé plus vite à cet égard que les gouvernants. Plusieurs sondages montrent qu'aux deux tiers, les Français veulent un gouvernement d'union nationale et qu'aux deux tiers, ils ne font plus confiance à la gauche et à la droite. Il reste donc 35 % à la gauche et à la droite, vous divisez par deux, vous enlevez les extrêmes, qu'est-ce qu'il reste ?

Une fois un gouvernement constitué, quelles seraient les premières mesures que vous prendriez?

Premièrement, il y a un gros coup de booster à donner sur l'emploi, car il n'y a pas de politique sociale ni de politique pour les jeunes sans emploi. Chaque entreprise doit, quelle que soit sa taille, pouvoir embaucher deux personnes sans avoir à payer d'autre charge pendant cinq ans que 10 % pour les retraites. Cela peut créer des centaines de milliers d'emplois la première année. Il y a ensuite besoin de lancer une grande politique de lutte contre l'exclusion. Nous devons donner à chaque personne touchant le RMI la possibilité d'avoir une activité encadrée par une association ou une collectivité locale, ce qui lui permettra d'améliorer ses fins de mois et de retrouver une meilleure place dans la collectivité. Il y a tellement besoin de bonnes volontés pour encadrer des associations sportives, pour s'occuper des enfants dans les écoles...

Votre proposition est-elle comparable a celle de Nicolas Sarkozy, qui clame «pas de revenu minimum sans contrepartie» ?

Il ne faut pas la présenter comme une punition. C'est une idée que je formule depuis 2002 et que nous avons proposée au gouvernement en vain. Autre mesure nécessaire dès le début du quinquennat : je veux discuter avec l'Education nationale sur les objectifs de résultats qu'elle peut se fixer pour arriver à l'illettrisme zéro en cinq ans. Dans la mondialisation, un pays comme le nôtre n'a qu'un seul atout : avoir les jeunes les mieux formés de la planète. Nous avons un des meilleurs systèmes d'éducation du monde, seulement il laisse au bord de la route 20 % des élèves.

Ce système produit aussi des chercheurs qui ne trouvent pas d’emploi...

Selon l'OCDE, le coût moyen d'un étudiant en Europe est de 9 000 euros par an, nous sommes dans la moyenne. Mais il y a des disparités : un élève des grandes écoles coûte deux fois plus cher qu'un étudiant de la fac de Villetaneuse. Au classement des universités mondiales, nous n'avons plus d'établissements au meilleur niveau, cela ne peut plus durer. Je mettrai cette question sur la table. Cependant, dans l'éducation, les plans ne s'imposent pas. Pour chacune des mesures d'urgence que je viens d'évoquer, les conséquences pour l'environnement et le climat seront prises en compte.

Quelle serait votre méthode de réforme ? Une vaste série de Grenelle participatifs ?

L'exact contraire de celles qu'ont essayé de suivre les gouvernements précédents, qui ont échoué au bout du chemin. Les trois premiers mois ne doivent pas servir à imposer aux Français des réformes dont ils ne veulent pas. Les cent premiers jours doivent constituer le cadre du changement dans lequel la société sera engagée. Il faut faire cela ensemble en prenant le temps nécessaire. Alors, les Français ne seront pas en position de réticence. Ils doivent savoir qu'ils auront leur mot à dire, qu'ils sont pris comme des citoyens et non des sujets. Croyez-vous que les universitaires soient heureux de la façon dont fonctionnent les universités en ce moment ? Il doit y avoir dans ces discussions de la coresponsabilité, en engageant un dialogue avec les partenaires sociaux.

Vous niez la notion de programme, où l’on choisit un président en fonction de ses intentions. Vous dites que vous allez discuter avec les Français des réformes...

Je dis quelles sont les orientations de mon programme. Je dis : « Voilà ce que je ferai pour les heures supplémentaires, je porterai leur majoration à 35 % sans que celle-ci représente une charge supplémentaire sur le coût du travail, car je la déduis des charges sociales ».C'est pour cela que j'ajoute dans mon programme une incitation forte à l'intéressement des salariés aux résultats des entreprises. Cela sera probablement sous la forme d'un avantage fiscal pour les entreprises.

Beaucoup de gens n’ont pas accès à des logements ou des emplois dignes aÌ€ cause de leur nom ou du lieu ouÌ€ ils habitent. Que comptez-vous faire ?

Il faut conduire une politique sérieuse pour les banlieues. Je veux garantir dans chaque quartier sensible un retour de l'Etat. Un coordinateur des actions de l'Etat sera présent par quartier, pour les questions de sécurité mais aussi pour les services publics. Ce sera une sorte de sous-préfet avec obligation de résidence sur place. Dans ces quartiers, l'Etat a disparu, il n'y a plus que les associations. L'Etat, ce n'est pas le service des puissants, mais la protection des plus faibles. Il ne doit pas être concentré dans les 6e et 7e arrondissements. Concernant la lutte contre les discriminations, l'Elysée doit montrer l'exemple, des contrats doivent être signés entre l'Etat et les entreprises, notamment pour recourir aux CV anonymes. J'ai rencontré des associations qui disent aux entreprises : proposez-nous vingt emplois, nous vous garantissons la formation, le niveau d'expérience et nous reprenons l'employé s'il ne convient pas. En échange, il sera issu des minorités. Depuis cinq ans, je tourne dans ces quartiers. Il y a là-bas une volonté énorme de créer des entreprises. Il faut l'aider.

Vous placez l’écologie à un rang élevé de vos préoccupations. Quelle est votre politique concernant l’énergie nucléaire ?

Je ne crois pas qu'on puisse réaliser les objectifs du protocole de Kyoto en faisant semblant de renoncer au nucléaire. La France n'y renoncera pas. Je me pose des questions à propos de l'EPR, sur lequel il n'y a pas eu de débat. Je ne suis pas absolument convaincu qu'on avait besoin de 3,5 milliards d'euros pour une unité d'énergie nucléaire en plus. Par ailleurs, beaucoup de gens, dont Nicolas Sarkozy, veulent privatiser Areva. Je suis contre, car la maîtrise de la technologie nucléaire doit rester du domaine de l'Etat.

Vous avez mis la dette au centre du débat. Pour la limiter, il faut réduire drastiquement les dépenses...

C'est tout simplement indispensable, il n'y a aucun autre moyen. L'Etat doit être plus économe, les dépenses de l'Elysée baisseront de 20 %, car il faut montrer l'exemple. Les ministères, les cabinets, les directions centrales vont suivre. Je diminuerai les effectifs dans la fonction publique partout où je considère que ce n'est pas une action de terrain prioritaire. Pour l'Education nationale, je sais qu'on ne diminuera pas les effectifs, mais on les affectera mieux, on fixera ensemble des objectifs transparents pour chacun. Pour éviter les doublons, je vais fusionner les collectivités locales du département et de la région. Les élus travailleront avec une seule administration, ce seront les mêmes qui décideront de l'action sociale, de l'action économique. Sans que les départements disparaissent en tant qu'entités. C'est ainsi qu'ont procédé tous les pays qui ont réussi les réformes de l'Etat.La férocité n'est pas gage de réussite. Il faut travailler ensemble, pour que la France n'ait pas l'impression qu'on prend la moitié du pays pour taper sur l'autre.Regroupons-les dans la même maison pour qu'elles soient mieux gérées. Mais ce n'est pas la proposition de Sarkozy, c'est celle du gouvernement Villepin, de Borloo, tout le monde y a pensé. Il y a de très larges zones de consensus dans la société française.

Si vous êtes présent au second tour, comment allez-vous adapter votre discours selon que vous affrontez Sarkozy ou Royal ?

Je ne l'adapterai en aucune manière, ne comptez pas sur moi pour cela. Avec Nicolas Sarkozy, j'ai depuis longtemps une confrontation de projets, avec Ségolène Royal, j'aperçois moins son projet. Je ne changerai pas de vision, je suis là pour proposer aux Français de dépasser les vieux clivages, eux sont là pour les prolonger. Nous sommes dans une société en crise exceptionnelle, comme on n'en a pas eu depuis peut-être cinquante ans. Cela exige une réponse exceptionnelle, et cette réponse est de l'ordre de l'union nationale. En tout cas, autour d'objectifs de redressement du pays, concernant la dette, l'emploi, l'éducation, l'exclusion, l'Europe et l'environnement.

Tous les candidats parlent de redressement...

Oui, ils ont les mêmes objectifs, mais ils ne veulent pas travailler ensemble. Personne ne propose de supprimer les 35 heures pour revenir aux 39 heures, personne ne propose une régularisation automatique et générale des sans-papiers... Tout le monde est pour la régularisation par critères. Puisqu'il y a des objectifs conciliables sur un certain nombre de points, travaillons ensemble ! Jusqu'à maintenant, l'Etat s'est présenté comme le seul décideur, il décide et rien ne change. Il doit trouver face à lui une société civile organisée par laquelle remontent les informations et il doit être réactif. Il y a dans la société d'énormes marges de progrès sans dépenser un sou. Supprimons les cautions et les dépôts de garantie pour les logements et remplaçons-les par une assurance coûtant quelques euros par mois. D'un coup, vous soulagez des milliers de jeunes qui ont honte d'aller demander à leurs parents qui n'ont pas de sous. Ça ne coûtera pas un centime et ça peut créer des emplois.

Il reste un problème pour convaincre tout le monde : vous avez gouverneé à droite, et au cours de la campagne vous avez été rejoint par des candidats de droite : Corinne Lepage, Edouard Filias.

Je n'ai pas gouverné à droite, j'ai été il y a quinze ans dans une alliance du centre et de la droite. Et au bout d'un long travail de réflexion politique, j'ai conclu qu'il fallait que le centre soit autonome pour proposer un autre chemin au pays.

Recueilli par Frédéric Filloux et Arnaud Sagnard

Par Soriya-Dévi - Publié dans : Point Presse
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Samedi 24 mars 2007 6 24 /03 /Mars /2007 10:59

François Bayrou, à l'occasion de la journée de la francophonie, le 20 mars, a tenu à prononcer une déclaration. Il a évoqué les enjeux liés à l'avenir de la langue française dans le monde. La Francophonie "répond au besoin mondial de dialogue interculturel et ses valeurs sont celles que réclame la mondialisation humaniste et que la France défend au niveau international", rappelle le candidat à l'élection présidentielle.

 

"C'est aujourd'hui le 20 mars, la fête de la Francophonie, le jour anniversaire de la création à Niamey en 1970 de la première organisation internationale du monde francophone: l'Agence de Coopération Culturelle et Technique.


C'est la raison qui m'incite à évoquer deux questions essentielles pour l'avenir de notre pays, la France; celle de la langue française et celle de la construction francophone.

Je fais avec vous le constat d'une situation très préoccupante, tant en ce qui concerne notre langue qui ne demanderait qu'à encore plus se développer dans le monde, qu'en matière de construction de la communauté francophone, aujourd'hui en panne.

Là, comme ailleurs, les équipes qui se partagent le pouvoir depuis plus de vingt ans n'ont proposé aucune politique d'avenir. Pour elles, ces deux priorités de la France n'ont été que des "non sujets", et l'essentiel est resté accessoire.

Je le dis avec force, vouloir que le "modèle français" soit à nouveau source de progrès, vouloir que la Nation reste forte sans s'affaiblir sous les coups de boutoirs de la mondialisation, vouloir que la France continue de faire signe au monde et reste une référence, suppose une ouverture aux autres qui ne sacrifie en rien nos valeurs ou notre vision humaniste de la mondialisation. Cela implique la volonté politique de garder à la langue française, aux côtés d'autres langues, le statut de grande langue internationale. Cela implique aussi que la France fasse ce qu'elle doit pour que le nombre de locuteurs en français dans le monde augmente et qu'étudier en France cesse d'être le parcours du combattant. Cela suppose aussi un engagement fort de la France en faveur de la Francophonie mais une Francophonie multiforme avec de multiples acteurs: l'État bien sûr mais aussi les Collectivités locales avec la coopération décentralisée et les jumelages, et les actions menées par la Société Civile et les ONG.

Si je suis élu, une politique affichée et déterminée sera donc mise en œuvre pour promouvoir notre langue avec pour objectif le multilinguisme du local à l'international.

Être pour la diversité linguistique ce n'est pas être contre l'anglais mais contre l'obsession, sous prétexte d'efficacité, de la langue unique qui conduit à la pensée unique.

Je m'engagerai donc fermement pour que la règle partout en Europe soit l'enseignement de deux langues étrangères.

Ce n'est pas renoncer à l'ouverture au monde que d'affirmer qu'en France la langue de travail dans les entreprises et dans l'enseignement, c'est d'abord le français. Ce n'est pas faire preuve de passéisme que de vouloir le maintien de la diversité linguistique dans les instances européennes et à l'ONU, et de faire en sorte que le français continue d'y être employé.

Pour la Francophonie, le temps n'est plus celui de la défensive, le temps est désormais venu de l'offensive.

Année après année, l'utilité de la Francophonie s'est affirmée. Grande aire linguistique, organisée, vouée au dialogue des cultures, et à la promotion des valeurs de liberté, de solidarité, de diversité et de dialogue, la Francophonie n'a cessé de progresser de Sommet en Sommet francophones. 

Sur les pas du Président Senghor s'est construite graduellement, sans rien brusquer, une Communauté originale d'États et de gouvernements qui adopte des positions communes à caractère politique sur la scène internationale et mène une coopération pour la paix, la diversité culturelle et le développement.

Il faut mettre la Francophonie au rang des priorités de la politique étrangères de la France. Elle répond au besoin mondial de dialogue interculturel et ses valeurs sont celles que réclame la mondialisation humaniste et que la France défend au niveau international.

Par ailleurs, l'engagement européen  de la France n'est pas contradictoire avec son engagement francophone. Il faut que la France marche sur ses "deux jambes". Pour ce faire il faut inscrire la Construction de la Communauté francophone dans la Constitution française comme c'est déjà le cas pour la Construction européenne."

Par Soriya-Dévi - Publié dans : International
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Samedi 24 mars 2007 6 24 /03 /Mars /2007 10:55

SAINT-DENIS DE LA REUNION (Reuters) - "Je n'ai pas envie de recevoir d'ordre du président de la République sur la manière d'honorer la nation, d'en parler à mes enfants, et quel jour je dois accrocher mon drapeau à la fenêtre", a déclaré samedi matin à la Réunion François Bayrou.

Interrogé par la presse sur la déclaration de Ségolène Royal souhaitant que tous les Français disposent d'un drapeau tricolore et le déploient le jour de la fête nationale, le candidat UDF a vivement réagi en soulignant que la France est un pays où "les relations à la nation sont affectueuses, pas obsessionnelles".

"Je crois que les deux candidats ont un problème avec cette obsession nationaliste", a-t-il poursuivi, faisant allusion à Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy, "comme si les thèmes de Jean-Marie Le Pen étaient en train d'envahir leur esprit".

"Je comprends que Ségolène ait des problèmes avec l'ISF, j'ai observé qu'elle n'était pas à l'aise avec la question de l'évaluation de son patrimoine", a d'autre part déclaré François Bayrou, en réponse aux propos de la candidate socialiste sur ses revenus d'exploitant agricole.

"Nicolas Sarkozy aussi n'a pas dit les choses exactement. Il n'y a qu'à rendre publiques" les déclarations de patrimoine faites par chaque candidat au Conseil constitutionnel, a-t-il suggéré.

"La petite exploitation dont j'ai la charge depuis trente-deux ans y figure bien, pour autant je n'atteins pas (le niveau de) l'ISF. C'est une différence avec le couple fiscal qu'elle (Ségolène Royal) forme avec François Hollande."

Le candidat de l'UDF poursuit samedi sa visite dans l'océan Indien. Il se rendra en milieu de journée à Mayotte, collectivité française de l'archipel des Comores exposée à un flux important d'immigration clandestine en provenance des îles voisines. François Bayrou souhaite "qu'on réfléchisse" à la réforme du droit du sol, "à Mayotte et en Guyane", pour que "l'attribution de la nationalité française soit conditionnée par autre chose que par la naissance dans un hôpital".

Par Soriya-Dévi - Publié dans : Campagne mars 2007
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Vendredi 23 mars 2007 5 23 /03 /Mars /2007 12:57
SAINT-DENIS DE LA REUNION (Reuters) - François Bayrou est arrivé vendredi à la Réunion pour une visite électorale de 48 heures qui le conduira également à Mayotte.

 

Le candidat de l'UDF à l'élection présidentielle a été accueilli au son des tambours du maloya, le rythme hérité de l'esclavage, à l'aéroport Roland-Garros de Saint-Denis.

Le col de chemise largement ouvert, dans la chaleur de l'été réunionnais, François Bayrou a longuement échangé avec la centaine de sympathisants présents.

"Chirac laisse un espace vide, il vous appartient, c'est vous que nous voulons", lui a lancé l'un d'entre eux.

François Bayrou n'arrive pas pour autant dans une île acquise à sa cause. Il y avait obtenu en 2002 un score de 2,5% au premier Tour de l'élection présidentielle, un scrutin qui voit les Réunionnais voter en majorité à gauche depuis vingt ans.

Dans un sondage Ipsos publié le 17 mars par Le Journal de l'Île de la Réunion, le candidat de l'UDF recueillait 10% des intentions de vote, loin derrière Ségolène Royal (44%) et Nicolas Sarkozy (34%).

"La Réunion, c'est une assez belle définition de ce que la France essaie de faire", a déclaré François Bayrou à son arrivée, avant d'entamer une visite des quartiers populaires de Saint-Denis.

Il devait se rendre dans l'après-midi dans le sud de l'île, pour prendre la mesure des dégâts du cyclone Gamède, fin février. Il doit notamment survoler en hélicoptère le pont effondré sur la rivière Saint-Etienne, près de la ville de Saint-Louis, dont le maire, Cyrille Hamilcaro, est un des rares élus UDF de premier plan à la Réunion.

Une rencontre avec des éleveurs, dans une laiterie, figurait au programme avant un meeting prévu dans la soirée à Saint-Denis. François Bayrou devrait y décliner ses propositions pour la Réunion et l'outre-mer.

Samedi, il ira à Mayotte, la collectivité française de l'archipel des Comores, éloignée de à 1.500 km. Il y restera trois heures, le temps d'une réunion publique au conseil général.

Il repassera par Saint-Denis avant de repartir pour Paris, samedi soir.

Par Soriya-Dévi - Publié dans : Campagne mars 2007
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Jeudi 22 mars 2007 4 22 /03 /Mars /2007 09:36

"La place de la France et la place de l'Europe est aux côtés des victimes de génocide du Darfour" a déclaré François Bayrou à la Mutualité. Le candidat à l’élection présidentielle était mardi soir au meeting organisé par le collectif Urgence Darfour. Il a signé le texte en huit points de l’engagement en faveur du Darfour : il s’engage notamment à peser de tout son poids auprès du Conseil de sécurité des nations unies pour assurer la protection effective des populations du Darfour. "Je me suis rendu au Darfour, il y a deux ans" a déclaré François Bayrou, "On en revient avec une certitude d'une absolue limpidité : il n'y a rien de plus facile que d'arrêter cette tragédie". Le candidat pense notamment à la mise en place de corridors humanitaires et d'une surveillance aérienne de cette région de l'ouest du Soudan. Concernant Pékin qui fait barrage à des sanctions ou à des résolutions contraignantes contre le Soudan, François Bayrou a estimé que "la France s'honorera de refuser de participer aux JO si la Chine persiste dans cette voie".

Par Soriya-Dévi - Publié dans : International
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Jeudi 22 mars 2007 4 22 /03 /Mars /2007 09:28

PARIS (Reuters) - En meeting au Zénith de Paris, François Bayrou s'est présenté mercredi soir en "président du peuple" à même de mener la "révolution pacifique" dont la France a, selon lui, besoin.

Dans un discours très applaudi par plus de 6.000 personnes et ponctué de "Bayrou président", le candidat de l'UDF à la présidentielle a détaillé sa vision d'un pays qui "retrouve confiance", opposant son "vivre ensemble" à la "division" prônée par son rival de l'UMP Nicolas Sarkozy.

"La France a besoin d'une révolution pacifique. La France a besoin de remettre à leur place ces puissants assurés de leur puissance", a déclaré François Bayrou devant une salle comble où nombre de spectateurs avaient revêtu un T-shirt orange, la couleur fétiche du candidat centriste.

Durant un discours de plus d'une heure et demie, le candidat béarnais a pris pour cible à maintes reprises le candidat de l'UMP Nicolas Sarkozy, qui a reçu dans la matinée le soutien du président Jacques Chirac.

Après avoir salué le choix du chef de l'Etat de ne pas s'engager dans le conflit en Irak en 2003, il s'est dit "en désaccord radical avec la manière dont la France a été gouvernée depuis 12 ans".

Mais c'est à Nicolas Sarkozy, l'homme "qui voudrait que la France soit l'Amérique", qu'il a réservé ses piques les plus pointues.

"Je veux que (les Français) sachent que leur président fera tout non pas pour les opposer mais pour les faire vivre ensemble", a-t-il lancé à l'adresse du président de l'UMP, à qui François Bayrou souhaite être opposé s'il accède au second tour.

"Si nous continuons à dresser les Français les uns contre les autres, nous continuerons à décliner ensemble (...) La division dans un peuple, c'est le déclin", a-t-il ajouté sous une salve d'applaudissements.

"JE NE CHANGERAI PAS"

François Bayrou a fustigé le "mépris" de Nicolas Sarkozy à l'égard du monde paysan, opposant sa vision d'un "président du peuple" à celui "du Cac 40".

"Si je dois choisir entre être le président du Cac 40 et celui des ouvriers et des paysans, et des artisans, et des enseignants, des médecins et des infirmières, mon choix est tout fait. Il n'y a de président que président du peuple", a-t-il dit.

Fidèle à son credo de ne faire aucune promesse qu'il ne pourrait tenir, François Bayrou a aussi rappelé qu'il ne prendrait pas de décision "dans le dos" des Français.

"Les réformes avanceront à partir du jour où les Français se verront reconnaître le rôle de citoyens et non pas la condition de sujets qui n'ont qu'à supporter des décisions prises sans eux", a dit François Bayrou, qui souhaite soumettre à référendum la réforme des retraites et une nouvelle version du traité constitutionnel européen rejeté le 29 mai 2005.

Dans un chapitre international plus long qu'à l'habitude, François Bayrou a évoqué la "tragédie du Darfour" et invité l'Europe à s'impliquer davantage au Proche-Orient.

"Le Proche-Orient, le Moyen-Orient ont besoin de l'Europe et nous avons besoin, et le monde a besoin, que nous Européens apparaissions comme garants, alors que les Etats-Unis ont perdu la capacité de l'être", a-t-il dit.

Chiffres à l'appui, l'élu pyrénéen s'est mis à la place des ouvriers et des retraités, de ceux qui "après une vie de travail", sont "réduits à une retraite de 641 euros par mois" - le montant de la pension de sa mère.

"Si je suis président de la République, je ne changerai pas", a-t-il dit à l'adresse de son épouse, de sa mère et de ses enfants, dont certains étaient dans la salle.

"Je serai président avec ce bagage de tendresse, d'amitié, de paternité, de culture de mon pays, de sens de notre histoire, de goût de changer les choses qu'ils m'ont donné ou qu'ils ont partagé avec moi. Je n'abandonnerai rien".

"Il n'y avait pas de meilleur jour pour le dire que le jour du printemps. Vive la France et vive la vie", a-t-il conclu, avant une dernière Marseillaise.

Images et déclarations :

http://fr.news.yahoo.com/22032007/202/bayrou-veut-etre-le-president-du-peuple.html

Par Soriya-Dévi - Publié dans : Campagne mars 2007
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Mercredi 21 mars 2007 3 21 /03 /Mars /2007 09:28

"Compte trop sur ses dispositions naturelles" (Bulletins scolaires)

 

 

La remarque est revenue souvent dans la bouche de ses professeurs. C'est ensuite ce que ses amis lui ont répété. Enfant, le jeune François Bayrou était bègue, mais il discourait tout de même au point d'être appelé ironiquement "l'orateur". Doué, convaincant, il est pourtant longtemps passé pour un parfait dilettante. Parfois même, il semble tenir le travail pour une mauvaise manie. "Pendant des années, il n'a pas bossé, témoigne Pierre-Christophe Baguet, député UDF qui soutient aujourd'hui Nicolas Sarkozy, mais son culot, sa culture lui permettaient de s'en sortir." On l'a vu dîner tard, avec sa bande, dans des bistrots au coeur de Paris ; jouer au tarot jusque tard dans la nuit ; écrire ses discours aux petites heures du matin dopé à l'adrénaline de l'improvisation. Deux ou trois fois, il a effacé par inadvertance le texte qu'il venait de rédiger sur son ordinateur, a dû monter à la tribune les mains dans les poches... et s'en est sorti.

C'est un bordélique", reconnaissent ses amis. Il débarque systématiquement en retard à ses rendez-vous, ne s'excuse pas et peut même vous engueuler. Marielle de Sarnez, sa principale conseillère, a pourtant considérablement réorganisé son équipe, parfois en tranchant dans le vif et en se faisant beaucoup d'ennemis. Mais François Bayrou a fait sienne la devise d'Henri IV, dont il écrivit la biographie : "Ce qui doit arriver ne peut pas manquer."

"Un jour, il pétera de vanité" (Jacques Chirac)

 

Il se juge beau, séduisant, intelligent, formidable stratège. Les élus, les journalistes, ses amis, ses adversaires en savent quelque chose : François Bayrou a parfois la tête comme une montgolfière. Il a longtemps assuré : "Je suis le nouveau Mitterrand." Lorsqu'il obtint le secrétariat général de l'UDF, alors présidée par Valéry Giscard d'Estaing, il expliqua tranquillement devant tout le bureau politique du CDS : "Giscard a trouvé en moi quelqu'un à sa mesure." Au moment où le premier ministre anglais était la coqueluche de la droite, il répétait partout : "J'ai un avantage sur tous les autres : je ressemble physiquement à Tony Blair." On l'a vu admirer longuement sa photo dans des magazines, en soulignant : "J'ai un regard profond." A la journaliste sportive Estelle Denis qui lui demandait il y a quelques semaines ce que sa femme préférait en lui, il a répondu sans sourciller "ma virilité". Jacques Chirac, qui en a beaucoup ri, s'en est aussi très souvent agacé : "Un jour, il pétera de vanité."

Une chose est sûre : le candidat UDF s'est toujours vu en haut de l'affiche. Son ami le député des Pyrénées-Atlantiques Jean Lassalle l'entendit expliquer en 1983, alors qu'ils n'étaient tous deux que conseillers généraux : "Dans trois ans, je serai député. Ensuite, je serai un ministre important." Dans les années 1990, tous ceux qui l'ont côtoyé l'ont vu dresser ses plans : "Je me présente en 2002, je fais un score à deux chiffres en 2007, je suis élu en 2012." A sa biographe, Violaine Gelly, il expliquait en 1996 : "Entre ce que j'étais et ce que je suis, il y a moins qu'entre ce que je suis et le sommet." Bernard Bosson, qui fut son rival malheureux chez les centristes et le soutient aujourd'hui, assure pourtant gentiment : "Son immodestie a considérablement diminué."

"Dans les moments de choix, il se confie à Dieu" (Un ami)

 

Longtemps, chaque 15 août, la famille Bayrou a fait à pied le pèlerinage qui mène de Bordères, son berceau béarnais, jusqu'à Lourdes. Etudiant, le jeune François a consacré son mémoire de maîtrise au Mystère de la charité de Jeanne d'Arc, de Charles Péguy. Nommé pour la première fois ministre en 1993, il donna une fête à Bordères, précédée d'une messe. L'église est attenante à la maison, ses vitraux ont été rénovés en partie sur ses deniers. "Dans les moments de choix, il se confie à Dieu", assure l'un de ses amis. Bayrou a indéniablement la foi. Pratiquant régulier, il assure ne "fréquenter que le côté sombre de la paroisse", mais les Ecritures lui sont un secours. Le 11 septembre 2001, il répéta vingt fois à son équipe : "C'est l'Apocalypse !", avant de mettre sa campagne présidentielle entre parenthèses, persuadé que plus rien n'avait d'importance. S'il a appris à distinguer la foi du militantisme politique, ce ne fut pourtant pas sans mal. En 1990, il explique lors d'une convention centriste : "Mon engagement chrétien est plus important que mon engagement politique. Et je ne tiens pas à ce qu'ils se mélangent."

Pour l'avoir oublié, il connaît trois ans plus tard son plus gros échec gouvernemental. Nommé ministre de l'éducation nationale par Edouard Balladur, il entreprend de réviser la loi Falloux pour permettre le financement public des dépenses d'investissement des écoles privées. Valéry Giscard d'Estaing l'a pourtant prévenu : "Méfiez-vous, c'est une bombe." François Bayrou réplique avec superbe : "Il y aura 200 000 personnes dans la rue." Près de 1 million de manifestants défilent le 16 janvier 1994 pour la défense de l'école de la République. Les catholiques le soutiennent du bout des lèvres, le cardinal Decourtray regrette tout haut qu'il ait rallumé "la guerre scolaire". A sa biographe, Bayrou lâchera : "Il faut beaucoup aimer le bon Dieu pour supporter les curés."

"Etre étiqueté démocrate-chrétien vous empêche d'être entendu" (François Bayrou aux cadres du CDS)

 

La leçon sera retenue. C'est lui qui va entreprendre la déconfessionnalisation du Centre des démocrates sociaux (CDS). En 1995, il explique devant les patrons de fédération du petit parti centriste : "Etre uniquement étiqueté démocrate-chrétien vous empêche d'être entendu. Parce que, dans la société française, il y a une séparation entre les ordres, tradition que pour ma part je trouve heureuse et approuve. Nous allons être le mouvement des humanistes, chacun avec sa tradition." Lorsqu'il marie le PSD, Parti social-démocrate, mouvement laïque largement fourni en francs-maçons, et le CDS, André Santini s'amuse : "Le triangle est tombé dans le bénitier." Dix ans plus tard, François Bayrou se bat contre une partie de l'Eglise pour que la Constitution européenne ne fasse pas référence aux racines chrétiennes de l'Europe.

Cette déconfessionnalisation ne va pas sans heurts. A la mort de Jean Paul II, en avril 2005, Bayrou juge haut et fort que "la République en fait trop" en mettant ses drapeaux en berne. L'UDF reçoit aussitôt une avalanche de courriels désapprobateurs de la part de ses cadres, au point que son équipe imagine d'envoyer son président dare-dare à Rome pour les obsèques. Bayrou optera finalement pour une messe discrète, organisée à Paris pour les députés. Non sans avoir copieusement insulté Le Monde, coupable d'avoir rapporté sa tentative d'expiation... Il n'empêche. En privé, il ne croit pas que l'on puisse ne pas croire. Un jour, à un ami socialiste qui affirmait son athéisme, il expliqua tranquillement : "Tu verras, toi aussi tu écriras finalement comme Mitterrand dans ton testament : une messe est possible."

"C'était un ministre qui avait reçu une bonne gifle" (Monique Vuaillat, ex-numéro un du SNES)

 

Il a raté Normale Sup, mais réussi l'agrégation de lettres, en 1974, l'année de la mort de son père. "C'est un pédagogue-né", assure son ami Philippe Lapousterle. De ce métier de professeur, il a d'ailleurs gardé des habitudes. Celle de se lever parfois au cours d'une table ronde, comme si la place de l'élève n'était décidément pas la sienne. Celle de féliciter un journaliste pour "un papier bien écrit". Il s'est passionné pour la défense de l'orthographe, l'apprentissage du français, la préservation des cours d'histoire, la lutte contre l'illettrisme. En 1990, son livre La Décennie des mal-appris (Flammarion) s'ouvre sur une longue déclaration d'amour aux enseignants : "J'aime leurs lectures et leurs photocopies, les cours qu'ils préparent et leurs corrections lentes."

Tout de même, après l'échec de la loi Falloux, il aurait bien abandonné l'éducation nationale. Jacques Chirac, élu en 1995, l'oblige à rempiler. Pire, il lui donne pour mission d'organiser un référendum sur l'éducation dont François Bayrou ne veut à aucun prix. Le ministre réussira une double gageure : enterrer la promesse chiraquienne et, profitant de l'éclatement de la Fédération de l'éducation nationale (FEN), se réconcilier avec les syndicats. Tout cela a un prix : il n'a pas laissé le souvenir d'un ministre réformateur. Pis, on l'accuse de s'être laissé ficeler par les syndicats. "C'était un ministre qui avait reçu une bonne gifle avec la loi Falloux, explique aujourd'hui Monique Vuaillat, l'ancienne secrétaire générale du SNES, le Syndicat national des enseignements de second degré. Cela a facilité le dialogue." Il y a gagné une image parmi les professeurs. "Autrefois, ils ne nous étaient pas hostiles, assurent ses conseillers. Et maintenant, c'est François qu'ils préfèrent."

"Bayrou ? C'est le Sarkozy de l'UDF" (Alain Juppé)

 

En politique, les ambitieux se reconnaissent entre eux. Secrétaire général du RPR quand Bayrou était celui de l'UDF, Juppé est aux premières loges pour voir Bayrou négocier en 1995 son entrée dans son gouvernement. A l'époque, il a compris : "Bayrou, c'est le Sarkozy de l'UDF."

Sarkozy-Bayrou ? Ils n'ont en commun que leur évidente rivalité. François, fils de Calixte Bayrou, paysan lettré, mort en tombant d'une charrette ; Nicolas, fils de Pal Sarkozy de Nagy Bosca, père élégant, volage et absent. François tour à tour admirateur de Jean Lecanuet, de Raymond Barre, de Valéry Giscard d'Estaing ; Nicolas qui, comme tous les gaullistes, imagine que les centristes sont généralement des "couilles molles". François, qui croit aux petites formations politiques, souples et réactives ; Nicolas, qui ne jure que par la puissance des grands partis.

Mais François Bayrou a très vite analysé : "Nous sommes de la même génération, nous serons donc bientôt face à face." Leur premier heurt a lieu dès 1999, lorsque le RPR investit Philippe Séguin en tête de liste aux élections européennes. Chirac veut convaincre Bayrou de faire liste commune. Le passé anti-maastrichien de Séguin révulse le centriste. Quand ce dernier jette l'éponge en pleine campagne, laissant sa place à Sarkozy, Chirac revient à la charge. " Tu n'as plus de raison de faire ta liste, menace le président. Sinon, je te casse les reins et ta carrière est derrière toi." Nouveau refus. Sarkozy menace à son tour : "Il y aura du sang sur les murs." Rien n'y fait. Bayrou se mue en résistant, balayant la maxime de Giscard : "On ne se fait pas d'ennemi au-dessus de ses moyens."

En 2002, il se présente à la présidentielle. Depuis, il n'a jamais cessé de défier Jacques Chirac, même s'il feint de le regretter aujourd'hui. Ensuite, alors qu'il a toujours navigué dans les eaux de la droite, il paraît vouloir s'en émanciper. Le 16 mai 2006, il vote la motion de censure contre le gouvernement Villepin, sur fond d'affaire Clearstream. Depuis, il attend chaque faux pas du candidat de l'UMP. Et explique à qui veut l'entendre : "Ce type-là, s'il a tous les pouvoirs, se conduira comme Chirac : les copains que l'on case, les médias que l'on tient, l'argent public dont on use." Sarkozy, qui ne l'a pas vu venir pour l'avoir trop méprisé, continue de répéter contre l'évidence : "Il n'y a pas d'effet Bayrou."

"L'UDF est devenue une secte" (Gilles de Robien)

 

En refondant l'UDF, Bayrou avait assuré : "Le centre n'est pas une chapelle. Ce sera une cathédrale ouverte à tous les vents." Mais les centristes, élus avec des voix UMP, regimbent, de peur d'être sacrifiés à l'aventure personnelle de leur leader. "Je ne céderai pas à l'obsession maroquinière et aux couilles-molles qui ont des vapeurs !", cingle François Bayrou fin 2001. Au lendemain du 21 avril 2002, il est le premier des chefs de parti à aller voir Jacques Chirac. "Tu vas être élu avec 80 % des voix, lui dit-il. Tu dois ouvrir et faire un gouvernement d'union nationale." "Je vais faire le parti unique", tranche le chef de l'Etat. Bayrou refuse d'en être, et les deux hommes ne se reverront pas. Aux législatives de 2002, il ne sauve que 30 députés sur 369 élus à droite. Commence une lente hémorragie. Il la subit avec colère, sanguin et menaçant. Au départ de Pierre Méhaignerie et Philippe Douste-Blazy, il jette avec mépris : "Bon débarras !" Mais au fur et à mesure que le doute s'installe, il tempête, menace ceux qui faiblissent d'un "je te casserai la gueule", encaisse les départs de Christian Blanc, Pierre-Christophe Baguet, André Santini. "Je ne suis pas un coupeur de têtes", disait-il. Il apprendra. "L'UDF est devenue une secte", se désole Gilles de Robien, qui tente de rester à l'UDF et au gouvernement.

Même si le succès agrandit aujourd'hui le cercle de ses proches, c'est une petite équipe qui mène campagne : une vingtaine de personnes à tout prendre, dont trois députés européens (Marielle de Sarnez, Jean-Louis Bourlanges et Jean-Marie Cavada), une poignée de parlementaires (Hervé Morin, Maurice Leroy, Jacqueline Gourault, Charles-Amédée de Courson), d'élus locaux (Michel Mercier, Anne-Marie Comparini), son fils, des neveux et nièces... François Bayrou a toujours eu pour modèle la campagne giscardienne de 1974 : "Il a gagné en quelques semaines, avec une vingtaine de types déterminés. Et cette esthétique-là n'a jamais été égalée." Small is beautiful.

"Voir tous ces ministres à genoux devant l'argent, c'est dégueulasse" (François Bayrou après la lecture de Paris Match)

 

Sur les problèmes de société, c'est un classique. Son modèle familial ? Le sien : six enfants et Elisabeth, son épouse, qui les a élevés souvent seule à Bordères, pendant que François faisait de la politique à Paris avec Marielle de Sarnez. Ce n'est certes pas un féministe acharné, mais s'il est contre l'avortement à titre privé, il s'est toujours montré un défenseur sans ambiguïté de la loi Veil. En 1999, alors qu'il se préparait à débattre face à Daniel Cohn-Bendit, ses conseillers l'alertèrent : l'ex-soixante-huitard risquait de l'entraîner sur des terrains difficiles : dépénalisation des drogues douces, nouveau modèle familial... Sa réponse fut immédiate : "Faites pas chier ! Je dirai ce que je suis ! Je suis contre la dépénalisation et pour l'autorité de la famille." Depuis, son ambition politique l'a poussé à évoluer et Marielle de Sarnez a joué le rôle de modernisatrice. Friande de sondages, c'est elle qui lui a montré combien la société, même à droite avait changé sur des sujets autrefois tabous. En 2006, Bayrou s'est désolidarisé du manifeste signé par 174 députés UMP et UDF contre le mariage gay et l'homoparentalité et accepté de se prononcer pour l'union civile et l'adoption simple pour les homosexuels.

Malgré ce corpus de valeurs conservatrices, il a su se forger une image d'homme révolté. Découvrant, le 22 septembre 2005, les 22 pages que Paris Match consacre au mariage de la fille de l'industriel Bernard Arnault, auquel la moitié du gouvernement assiste en smoking et robe du soir, il cingle : "Voir tous ces ministres à genoux devant l'argent, c'est dégueulasse." Bien qu'il soit loin de vivre modestement, grâce notamment à ses droits d'auteur, il n'aime pas ce qu'il appelle "le fric". Il possède des pur-sang et l'UDF n'est pas précisément une assemblée de petits choses. "C'est bien simple, autour de lui, on ne trouve que des éleveurs de canassons", rit un de ses amis. Jean Arthuis est driver, Jacqueline Gourault et Hervé Morin élèvent des trotteurs, Philippe Augier préside l'Agence française du pur sang et a fait entrer François Bayrou - qui ne s'en vante pas - à France galop. Marielle de Sarnez, elle, lui a fait pénétrer les réseaux du Paris chic. Mais il sait que cette collusion entre la politique et l'argent révulse les Français.

Consultant abondamment les sondages, quoi qu'il en dise, il a vu monter la défiance des Français à l'égard des élites. Toute sa stratégie en découle. Les journalistes qui l'entourent - Jean-François Kahn, directeur de Marianne, Philippe Lapousterle, ancien de RMC, et Christophe Lagarde, qui fut journaliste au Figaro avant de se faire élire député - connaissent bien la culpabilité des médias. Si l'on attaque "au coeur du système", c'est-à-dire TF1, en mettant en cause les liens entre Sarkozy, l'industrie et la télévision, on enfoncera un coin dans le concert politique. Le reste relève de l'observation. "A 75 ans, a compris Bayrou, Le Pen ne peut plus être le candidat anti-système."

A l'automne 2006, il a surveillé la campagne interne du PS. Le charisme et le succès de Ségolène Royal l'ont impressionné, mais il continue d'affirmer : "Elle aurait un vrai talent et jamais personne ne l'aurait remarqué ?" Depuis, celui qui a participé en 1989 à l'aventure des rénovateurs aux côtés de Philippe de Villiers, dirigé l'éducation nationale avec un directeur de cabinet nommé Nicolas Dupont-Aignan - le gaulliste-souverainiste vient de rallier le fédéraliste François Bayrou - et participé à un gouvernement avec Nicolas Sarkozy se veut un homme neuf et sans passé. Il n'a jamais cessé de répéter à ses fidèles : "Je sais que c'est le moment, vous verrez."

Raphaëlle Bacqué et Philippe Ridet
LE MONDE Article paru dans l'édition du 21.03.07
Par Soriya-Dévi - Publié dans : François Bayrou, l'homme
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Mercredi 21 mars 2007 3 21 /03 /Mars /2007 08:24
François Bayrou et Ségolène Royal, présents mardi soir lors de la soirée organisée par Urgence Darfour, se sont prononcés en faveur de pressions auprès de la Chine. Nicolas Sarkozy a indiqué dans un courrier qu'il mettrait en place des sanctions contre le Soudan.
 
Deux des candidats à la présidentielle, l'UDF François Bayrou et la socialiste Ségolène Royal, ont proposé mardi 20 mars, lors de la soirée organisée par Urgence Darfour, de faire pression sur la Chine en menaçant de boycotter les Jeux olympiques de Pékin prévus en 2008). Les deux aspirants à l'Elysée étaient présents à ce meeting organisés par le collectif Urgence Darfour à la Mutualité à Paris.
De son côté, le candidat UMP Nicolas Sarkozy a fait savoir par un courrier lu sous des huées que s'il est élu, il mettrait en place des sanctions unilatérales de la France contre le Soudan.
Tous trois ont signé un engagement en huit points en faveur du Darfour, tout comme Dominique Voynet (Verts) et Marie-Georges Buffet (communiste).
"Les Chinois nous dit-on s'opposeront à toute sanction" contre le Soudan, a déclaré Ségolène Royal, très applaudie lors de son intervention. "C'est le moment de faire pression avant les jeux olympiques de Pékin" prévus en 2008.
"Un génocide se déroule sous nos yeux dans un silence assourdissant et comme pour le Rwanda, le silence est déjà une forme de complicité", a-t-elle dénoncé. "Nous ne pouvons pas dire que nous ne savons pas".
 
Corridors humanitaires et surveillance

"Il faut en finir avec la coupable immobilité de la politique africaine de la France", a-t-elle ajouté, précisant qu'en cas d'élection elle "changerait en profondeur la politique de la France à l'égard de l'Afrique, le pays où je suis née".
François Bayrou a estimé pour sa part qu'"il n'y a rien de plus facile que d'arrêter la tragédie" au Darfour. "Je me suis rendu au Darfour, il y a deux ans", a-t-il déclaré à la Mutualité. "On en revient avec une certitude d'une absolue limpidité: il n'y a rien de plus facile que d'arrêter cette tragédie", a-t-il assuré parlant notamment de la mise en place de corridors humanitaires et d'une surveillance aérienne. Soulignant que Pékin faisait barrage à des sanctions ou des résolutions contraignantes contre le Soudan, il a estimé que "la France s'honorera de refuser de participer aux JO si la Chine persiste dans cette voie".
"La place de la France et la place de l'Europe est aux côtés des victimes de génocide du Darfour", a-t-il insisté.
 
Huées
 
"Je n'accepte pas que la mauvaise volonté du gouvernement soudanais nous transforme en témoins impuissants de l'horreur", a écrit Nicolas Sarkozy dans un courrier lu, souvent sous des huées, par Nicole Guedj.
"Le Soudan doit savoir que notre patience a atteint ses limites", poursuit le ministre de l'Intérieur. "Si je suis élu président, je n'hésiterai pas à militer pour un durcissement décisif des sanctions contre tous les dirigeants du régime de Khartoum", a-t-il dit.
Il a également précisé que "des mesures immédiates s'imposent - gel des avoirs et refus de délivrer des visas - pour les individus impliqués dans les massacres. Si je suis élu, la France adoptera unilatéralement, ces mesures et encouragera ses partenaires européens à la suivre dans cette voie", a-t-il ajouté.
 
Délégation de réfugiés

Nicolas Sarkozy souligne que "les sanctions ne suffiront pas et elles ne peuvent nous satisfaire". "La communauté internationale doit se mobiliser pour aboutir à un règlement juste et durable du conflit par un accord politique entre le gouvernement et les rebelles. Ce sera l'une des priorités du futur chef de l'Etat", assure-t-il, proposant, s'il est élu une "conférence internationale dans le but d'établir un plan d'action détaillé".
Pour cette soirée, à laquelle plusieurs centaines de personnes ont assisté, Urgence Darfour avait mobilisé des personnalités diverses: Bernard Kouchner, Fadela Amara, Fanny Ardan, Nicole Garcia, Claude Lanzmann, André Glucksman ou encore Romain Goupil.
Une délégation de réfugiés darfouris a été applaudie très longuement par la salle, debout, ainsi que le chef de l'un des mouvements rebelles du Darfour, Abdul Wahid (Mouvement de libération du Soudan).
Ce dernier a appelé la France et l'Union européenne à choisir: "soit vous envoyez une force internationale, soit vous nous donnez des armes pour nous défendre", a-t-il lancé.
Par Soriya-Dévi - Publié dans : International
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Mercredi 21 mars 2007 3 21 /03 /Mars /2007 08:01

François Bayrou admet l'existence de "ressemblances" entre la campagne présidentielle de Jacques Chirac en 1995 et la sienne en 2007, dans une interview dans "Le Parisien/Aujourd'hui en France".

"La principale ressemblance entre le Chirac de 1995 et moi, c'est le soutien d'un certain nombre de catégories de Français qui ne sont pas pris en compte d'habitude", affirme le candidat UDF à l'élection présidentielle.

Interrogé sur les adieux télévisés du président de la République aux Français il y a quelques jours, François Bayrou explique partager "les valeurs qu'il a défendues dans ce discours". "J'ai trouvé qu'il l'avait fait avec émotion et sincérité", ajoute-t-il.
Il réaffirme par ailleurs sa volonté de "rassembler les Français" qui selon lui cherchent "depuis longtemps une synthèse". "Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy sont, de ce point de vue-là une assurance de division. Je suis, moi, une assurance de rassemblement", martèle-t-il, se présentant comme "le seul élément de rénovation et de transformation du paysage politique".
A propos de la proposition de son rival Sarkozy de créer un ministère de l'Immigration et de l'Identité nationale, François Bayrou parle de "cocktails dangereux". "Il n'y a pas un seul responsable dans notre pays connaissant son histoire et prudent qui accepte de marier ces deux termes", estime le centriste.
"Jamais un président - y compris Jacques Chirac, et c'est même une des choses à laquelle il a toujours veillé - n'a choisi de faire monter la tension à l'intérieur du pays, de cultiver un climat d'affrontement", juge-t-il.
Par Soriya-Dévi - Publié dans : Campagne mars 2007
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Mardi 20 mars 2007 2 20 /03 /Mars /2007 18:16
 PARIS (AP) - François Bayrou a insisté mardi sur l'urgence d'une réforme des retraites qu'il veut "équitable et adaptable" et soumise aux Français par référendum.
Lors d'une conférence de presse mardi à Paris, le candidat UDF a préconisé "une souplesse qui permette à chacun de décider de l'âge du départ à la retraite en fonction du niveau de pension", sur le "même principe que celui des retraites complémentaires par points".
 
Concernant les régimes spéciaux, "il faut que les Français aient l'assurance que l'égalité de traitement de tous les Français et la prise en compte de la pénibilité du travail sont assurées".
Le candidat UDF a réitéré sa proposition de créer un grand ministère social chargé des problèmes des jeunes, des personnes âgées, des associations et des femmes, rebaptisé "ministère de la Nouvelle société" dans une allusion au projet politique défendu par Jacques Chaban-Delmas. AP
Par Soriya-Dévi - Publié dans : Social
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Mardi 20 mars 2007 2 20 /03 /Mars /2007 11:49
François Bayrou était l'invité du Journal de la Culture en fin de semaine dernière sur Arte. Il évoque dans cet entretien le commerce intime qu'il entretient avec les livres. La rencontre d'avec Marc Dugain, un romancier qui puise la trame de ses oeuvres dans l'Histoire. Que François Bayrou considère comme essentielle pour comprendre le monde dans lequel nous évoluons. Et que nous léguerons à nos enfants à qui il souhaite que l'éducation artistique soit enseignée dans de bonnes conditions. Il évoque aussi le sort des intermittents du spectacle et du spectacle vivant qu'il veut aider et promouvoir.

 

Lors d'une campagne électorale, François Bayrou admet qu'on a moins de temps. Mais il essaye de se préserver des moments d'intimité en prenant grand soin de continuer à lire, à écouter de la musique, même pendant la campagne, pourtant une période très intense.
Suit un portrait du romancier Marc Dugain avec qui François Bayrou s'est découvert de fortes affinités intellectuelles. Il raconte que l'Histoire lui est chère au coeur. François Bayrou a notamment écrit des livres sur l'Histoire de France, dont un Henri IV qui trouva en son temps son public, comme il le dit pudiquement. Il est assez d'accord avec Marc Dugain quand celui-ci déclare que l'Histoire est quelque chose de terriblement romanesque. François Bayrou confie souvent que s'il écrit des livres historiques, c'est parce qu'il n'a pas assez d'imagination pour monter lui-même une intrigue qui soient aussi surprenantes, bouleversantes que l'est la réalité historique.
 
A propos de sa rencontre avec Marc Dugain, François Bayrou déclare que dans une vie, quand cette vie est heureuse, il arrive que l'on rencontre des gens d'exception. Avec Marc Dugain, qui pourtant se méfie beaucoup de la collusion entre politiques et artistes, cela s'est passé dans le regard, une discussion, d'un repas, tout d'un coup, on se rend compte qu'on a en effet des visions, des valeurs communes. Quand on regarde l'avenir du pays, on peut dire les mêmes choses sur les sujets d'importance. Et surtout que cela se fasse entre hommes. Pas entre soutien et candidat. François Bayrou déteste les comités de soutien. Il estime que c'est ridicule d'établir ainsi des listes de célébrités qui viennent baiser la main du futur prince. Quand les artistes, nombreux, viennent le voir, parce qu'ils découvrent que cette aventure est possible, il les prévient : « Ne venez pas dans un comité de soutien, exprimez-vous vous-mêeme. Dites leur, dites à vos lecteurs, à vos spectateurs, à vos auditeurs, ce qui vous importe, comment vous voyez l'avenir du pays. » Les comités de soutien sont pour François Bayrou un héritage du siècle dernier.
 
Plus politiquement, François Bayrou estime qu'il existe en effet une fracture culturelle entre Paris et la province. Elle existe aussi dans les quartiers de banlieues, les zones rurales, toute cette partie désertée de la France qu'on oublie trop vite dans cette campagne électorale. Pourtant, la culture joue un rôle majeur dans la reconstruction du lien social. C'est un outil formidable de rencontres. Son idée fondamentale, au sein du projet culturel qu'il porte pour la France, c'est l'éducation. Et notamment l'éducation artistique. Elle ne doit plus être le parent pauvre de l'enseignement. Elle doit recouvrer tous ses aspects les plus nobles.
 
A la question que pose Philippe Torreton à tous les candidats à l'élection présidentielle qui seront invités dans cette émission, François Bayrou répond que l'éducation artistique, la découverte par les enfants, et spécialement les enfants qui n'ont pas chez eux les moyens de connaître la musique, les livres, le cinéma, l'art en général, elle devrait être l'apport essentiel que donne l'école à chacune de ces vies. Cela demande beaucoup d'efforts. Des professeurs, des formateurs, des hommes et des femmes en tous les cas capables de les sensibiliser à la chose artistique. Ce que les éducateurs au sens strict ne peuvent pas toujours fournir.
 
François Bayrou propose également que les garçons et les filles de dix-huit ans suivent six mois de service civique humanitaire. D'abord pour qu'ils se rencontrent et qu'ils puissent donner un peu de ce qu'ils ont, de leur savoir. Le nombre de jeunes gens qui pratiquent de la musique, du théâtre, qui sont allés au Conservatoire, ces gens doivent être capables de transmettre. Il existe aussi de nombreuses personnes qu'on laisse sur le bord de la route. A ceux-là aussi, il faut pouvoir leur proposer d'apporter quelque chose à l'école. Les artistes, entre deux périodes de travail, doivent pouvoir aussi proposer leurs services dans les écoles. C'est difficile, cela demandera du temps, mais c'est nécessaire, selon François Bayrou.
 
Il rappelle que ses collègues et lui défendent depuis de nombreuses années un texte de loi qui permettrait de sortir de la crise que traversent les intermittents du spectacle. Les intermittents, explique François Bayrou, sont des techniciens du spectacle qui bénéficient d'un régime qui leur permet de toucher un salaire entre deux périodes de travail. Ces intermittents doivent servir les artistes, pas les producteurs. Or, aujourd'hui, avec la multiplication des sociétés de production audiovisuelle, c'est ce phénomène qui prend de l'ampleur et qu'il faut stopper. François Bayrou souligne que ce n'est pas le rôle de l'Unedic que de se faire le premier mécène de France.
 
La première mesure forte en matière culturelle et artistique de François Bayrou s'il accédait aux responsabilités lourdes de président de la République concernerait toujours et avant tout l'éducation. On doit aussi aider la création et le spectacle vivant. Il y a plus de spectacles vivants en France que partout ailleurs dans le monde occidental. Malheureusement, les spectacles restent trop peu souvent à l'affiche dans la même salle. Des salles par ailleurs construites récemment, tous ces Zeniths par exemple, qui restent vides, parce que l'on ne fait pas l'effort d'aller chercher un nouveau public. On dépensé énormément d'argent pour monter des spectacles. Il est désolant de constater qu'ils ne vivent pas une carrière plus longue. La TVA sur les produits culturels doit aussi être revue à la baisse. Mais, comme il se l'est promis pendant toute cette campagne, François Bayrou tient à ne pas faire de promesses financières. Montrer le cap, ensuite viendront les décisions spécifiquement budgétaires qui ne pourront être prises qu'après un audit sévère des finances déjà déficitaires du pays. C'est une politique de prudence qui lui réussit plutôt bien.
Par Soriya-Dévi - Publié dans : Culture
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Mardi 20 mars 2007 2 20 /03 /Mars /2007 08:09
François Bayrou est le soldat-laboureur de cette présidentielle. Sa militance vient de son doux Béarn d’où il a annoncé sa candidature. Son tracteur est devenu son emblème - qu’on s’arrache, paraît-il comme objet promotionnel dans ses meetings. Il incarne donc la Terre. Cet élément est spécialement projectif dans un pays de tradition paysanne comme le nôtre, n’en finissant plus de recycler la vertu de l’homo faber (José Bové), et redevenu rural si l’on en croit l’INSEE qui nous dit que les campagnes françaises sont aussi peuplées que dans les années 60. Mais la terre est d’abord un formidable stimulateur d’imagination, comme l’a montré le philosophe Gaston Bachelard. Il y voyait deux types de rêveries : celles qui sont liées à la volonté et celles qui sont liées au repos. Repos et volonté, merveilleuse alliance réussie par celui qui réunit droite et gauche.

François Bayrou nous repose de la volonté sarkozienne, tout en nous permettant de redescendre des limbes ségoliennes. Car la candidate socialiste, après avoir amené de l’oxygène dans la politique, plane dans les nuages de ses désirs d’avenir, sentant le souffle mais délaissant on ne sait pourquoi les plaines de son cher chabichou.

Sarkozy, lui, bien sûr, est sous le signe du Feu. Feu qui l’anime. Feu qu’il met parfois, tel son ami Johnny : feu de la rue, feu de la cité, feu urbain. A l’opposé de la campagne paisible de l’homme de Bordères, photographié avec ses chevaux et ses montagnes Pyrénées.

Terre, air, feu ? Et l’Eau ? Eh bien, évidemment, elle est dans celle que n’aimait pas Bachelard (amoureux de l’eau de source qu’il voyait comme la femme idéale) : eau de la mer, eau de l’homme de la Trinité. Eau menaçante et colérique. Eau tsunamique de la vague lepéniste, toujours possible...
 

Mariette Darrigrand

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Par Soriya-Dévi - Publié dans : François Bayrou, l'homme
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Mardi 20 mars 2007 2 20 /03 /Mars /2007 08:01
Nicolas Sarkozy, en bon avocat, sait que notre société reste audiocentrée, sensible à la voix et à la dimension orale de la politique. Il scande ses discours, tel un slammeur dont il est un double inversé ; il étend son pouvoir de parole en jouant beaucoup sur les assonances. Identité nationale devait charmer les électeurs du Front... national. "Ne serait-il pas possible de parler de nation et d’identité ?" s’est défendu le ministre, connaissant bien l’attente actuelle de langage “ vrai ”.

Revenons au sens premier des mots épurés de leurs connotations, demande le public friand de lexicologie. Ségolène Royal va dans ce sens quand elle refuse d’abandonner la Nation à la droite et de se laisser enfermer dans la République, fief traditionnel de la gauche. Le problème est que ces deux candidats s’arrêtent en chemin. Nation, République, ils battent le pavé des clichés politiques, mais ne donnent pas le but du voyage.

La société française a un problème avec l’identité. L’identité sans adjectif. L’identité au sens le plus profond, le "Qui suis-je ?" métaphysique. Une nation, dans un monde globalisé et interculturel, dans un monde travaillé bizarrement par la question de Dieu, se demande avant tout qui elle est. Il est possible que cette élection prouve ainsi l’impossibilité qu’a chaque électeur de se définir. Gagnera alors le plus flou : ni droite ni gauche.

Mais, quel qu’en soit le vainqueur, elle marquera la fin de la politique française traditionnelle, structurée depuis 1789 par une logique d’émancipation et donc de liberté. Dans notre imaginaire collectif, la liberté qui fut si chérie, est en train de laisser la place à l’identité, question mouvante, implicante, passionnante, si on n’en fait pas une “ francité ” de musée... Ou de ministère.
 

Mariette Darrigrand , sémiologue

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Par Soriya-Dévi - Publié dans : Culture
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Mardi 20 mars 2007 2 20 /03 /Mars /2007 07:55
L'ascension de François Bayrou dans les sondages ne dérange pas seulement ses adversaires politiques, Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy. Elle met également les chefs d'entreprise dans l'embarras. Sans le dire, les milieux économiques penchaient assez naturellement vers le candidat de l'UMP depuis au moins trois ans. Les adhérents de la CGPME lui avaient réservé un accueil triomphal, fin janvier, à Paris. Ces derniers mois, la présidente du Medef elle-même reconnaissait, au détour d'une interview ou d'un discours, être « en phase » avec les diagnostics et les propositions du ministre d'Etat, l'un et l'autre opérant, le cas échéant, des mouvements convergents. Ce fut le cas sur les 35 heures, avec la promesse de Nicolas Sarkozy de supprimer les cotisations sociales et les impôts sur les heures supplémentaires, une mesure d'abord qualifiée de « rustine » puis d'« idée intéressante » par la patronne des patrons. Ce fut le cas, dans l'autre sens, sur la flexibilité du marché du travail, lorsque le candidat UMP se rallia au « divorce par consentement mutuel » entre l'employeur et le salarié, un concept inventé par Laurence Parisot pendant la crise du CPE. Ce fut le cas encore sur l'ISF, qui serait rendu convertible en investissement dans les PME. Si les entrepreneurs avaient les yeux de Chimène pour le locataire de la place Beauvau, c'était aussi parce qu'il était considéré, notamment pour avoir été par deux fois ministre à Bercy, comme le plus à même de comprendre l'économie de marché et les entreprises, comme le plus favorable à la baisse des impôts et comme le plus crédible pour parler compétitivité et défendre la valeur travail.
 
Or, au fil du temps, des signaux imperceptibles sont venus contrarier cette idylle. En juin, Nicolas Sarkozy montre du doigt les « patrons voyous » dans son fameux discours d'Agen. En août, il fait un passage controversé à l'université du Medef, en arrivant en hélicoptère sur le campus d'HEC pour parler immigration et non économie. En septembre, son conseiller politique, Patrick Devedjian, explique qu'il « ne peut se contenter d'être le porte-parole des entreprises et de relayer leur message libéral ». A la suite de quoi le candidat de l'UMP propose une politique d'incitation-sanction, qui pénalise fiscalement les entreprises qui délocalisent et qui supprime les allégements de charges pour celles qui font des profits sans augmenter les salaires. En même temps, il se met à défendre un nouveau patriotisme économique au moment où le patronat traque les tentations de l'économie administrée. La semaine dernière encore, Nicolas Sarkozy lance une charge contre les entreprises qui licencient tout en continuant de distribuer des dividendes à leurs actionnaires. Bref, le malaise grandit.
 
Et voilà que surgit un candidat centriste appelant de ses voeux une France « pro-entreprises ». Un troisième homme qui leur promet « un environnement amical », « de la considération » et « des encouragements ». Un chef de parti qui veut rompre avec « la culture d'inquisition et de suspicion » qui frappe les entrepreneurs. Pis, un vieux routier de la politique qui reprend une à une les préconisations du Medef, allant jusqu'à coller à son Livre blanc, « Besoin d'air », tout en caressant la CGPME dans le sens du poil. François Bayrou s'avance sur un terrain libéral où les acteurs économiques ne l'attendaient pas. Ou plutôt, dans un domaine où ils en attendaient un autre ! Et pourtant... Laurence Parisot n'affirmait-elle pas, page 21 de son ouvrage, que « le libéralisme n'est ni de gauche ni de droite » ? Le Medef en a rêvé, le candidat UDF va donc le faire. Les patrons réclament la baisse de la dépense publique ? François Bayrou affiche un programme à 21 milliards d'euros - quand celui de Nicolas Sarkozy est chiffré à 54 milliards -, il suggère de fusionner les départements et les régions et place la réduction de la dette publique au coeur de son projet, dans le droit-fil du rapport de Michel Pébereau, président de BNP Paribas et membre de la direction du Medef. Les patrons pensent que « c'est par son retrait que l'Etat favoriserait le mieux l'épanouissement de la société civile » ? François Bayrou invite à élargir la mission du Conseil économique et social et, comme Laurence Parisot le dit depuis plus d'un an, à reconnaître dans la Constitution la primauté des partenaires sociaux sur l'Etat pour toute réforme du droit du travail. Ceux-là s'alarment du silence des écuries présidentielles sur les retraites ? Celui-ci en fait « une obligation nationale ». Ceux-là rêvent d'un sursaut en matière de recherche ? Celui-ci promet d'y orienter « toute l'action publique ». Le Medef préconise un meilleur accès des PME aux marchés publics, François Bayrou aussi. Il défend l'idée que les cotisations famille et santé reposent, non plus sur les salaires, mais sur la solidarité nationale, François Bayrou aussi. Il réitère sa foi en l'Europe, en la vertu de l'euro et en la pertinence de la stratégie de Lisbonne en faveur de l'économie de la connaissance, François Bayrou aussi. Bref, les exemples sont innombrables, en matière fiscale, sociale, environnementale.
 
Tout cela serait anodin si la seule figure patronale qui ait osé choisir publiquement son camp - Jean Peyrelevade, ancien président du Crédit Lyonnais - ne s'était prononcée... pour le candidat UDF. Le malaise serait impalpable s'il n'y avait eu affluence, la semaine dernière, aux rencontres organisées par le mouvement Ethic et par la CGPME avec un François Bayrou aux anges. « Vous nous avez séduits parce que vous êtes raisonnable par rapport au monde de l'entreprise », lui a lancé Sophie de Menthon. « Vous avez récupéré quelques suffrages », lui a concédé Jean-François Roubaud. Preuve, s'il en est, de la perplexité ambiante, les milieux patronaux avancent mollement quelques critiques sur la pertinence qu'il y aurait, comme le prétend la nouvelle coqueluche des sondages, à plafonner les allégements de cotisations sociales ou à permettre à toutes les entreprises de créer deux emplois sans charges. L'institut Rexecode, proche des milieux patronaux, a bien tenté ces derniers jours de disqualifier le projet UDF au motif qu'il détruirait des emplois alors que celui de l'UMP en créerait massivement. La démonstration n'a pas convaincu. Des doutes sont surtout émis sur la capacité de François Bayrou à diriger le pays une fois élu : avec quel gouvernement et quelle majorité à l'Assemblée compte-t-il travailler ? Un dirigeant de PME retraité lui a récemment crié son « désarroi » : « Je crois en vous mais j'ai peur que vous soyez manipulé par le PS. » En gros : les socialistes vont « se débarrasser » de leur « mauvaise » candidate, voter Bayrou pour battre Sarkozy et finalement prendre Matignon au nez et à la barbe de l'UDF. Et ça, c'est très clair, les patrons n'en veulent pas !
 
Guillaume Delacroix
gdelacroix@lesechos.fr
 
Par Soriya-Dévi - Publié dans : Economie
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Mardi 20 mars 2007 2 20 /03 /Mars /2007 07:44
François Bayrou s'est déclaré favorable à l'organisation d'un débat télévisé avant le premier tour de l'élection présidentielle, une idée que Nicolas Sarkozy a jugé pour sa part difficile à mettre en place.
"Je suis favorable, organisez-le !", a déclaré le président de l'UDF dans l'émission "Question ouverte" sur France 2. "Invitez-nous, je viendrai".

"Un débat est utile à condition que nous ayons des conditions normales pour discuter entre nous et pas (une) cacophonie", a ajouté le député béarnais.

Une confrontation avec Nicolas Sarkozy aurait "beaucoup de sens" car "il a un projet de société qui est très différent du mien", a ajouté François Bayrou, qui a jugé également "utile de débattre avec Ségolène Royal, "encore que je ne connaisse pas vraiment son projet de société".
Lors d'une réunion informelle avec la presse organisée dans l'après-midi, la candidate socialiste s'était déclarée "pas hostile" à l'idée d'un débat avant le premier tour, le 22 avril.
 
Dans le Journal de 20 heures de France 2, Nicolas Sarkozy a estimé qu'une telle confrontation serait difficile à organiser en raison de la règle qui oblige les médias audiovisuels à réserver aux candidats un temps de parole strictement identique.
"C'est quand même une drôle d'idée de demander l'organisation d'un débat à un moment où on ne peut plus les organiser puisqu'il y a 12 candidats. Comment vous allez faire puisqu'on est tous à la stricte égalité ?", a-t-il fait remarquer.
"Si Mme Royal voulait un débat il fallait qu'on le fasse avant", a ajouté le ministre de l'Intérieur.
 
Voir l'emission Question ouverte: http://question-ouverte.france2.fr/
 
Par Soriya-Dévi - Publié dans : Campagne mars 2007
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